Tuerie de Newtown : des photos et des enregistrements diffusés

Photos de scènes de crime, vidéos, appels paniqués au poste de police, compte-rendus de policiers : la police du Connecticut diffuse plus de 7.000 documents accessibles directement sur son site un an après la tuerie de Sandy Hook. Une diffusion qui illustre l'importance de la transparence aux Etats-Unis, et qui pourrait dénoncer en sous-main la culture des armes du pays. 

(Police du Connecticut)

-"911, State Police Emergency ".

-"Allo? Je suis à l'école primaire Sandy Hook . (La voix tremble) Je suis enfermée dans une
classe avec mes élèves. Ils ont peur. J'appelle pour avoir plus d'informations.
" (On entend des bruits de pleurs d'enfants, la maitresse tente de les rassurer).

-"Nos hommes sont en route, ils arrivent. Nous sommes
au courant de la situation. Ne vous inquiétez pas
"

Cet appel, entre une professeure de l'école primaire Sandy
Hook et la police du Connecticut, a été passé le 14 décembre 2012 à 14 :42,
alors que se déroule la tuerie de l'école de Sandy Hook, perpétrée par Adam
Lanza, un ancien étudiant de l'établissement. 20 enfants et 6 adultes ont été tués avant qu'il ne retourne son arme contre lui. La conversation audio est désormais en
libre accès sur internet, comme plusieurs milliers d'autres pièces recueillies
par la police de l'Etat concernant l'évènement.

On peut consulter, directement sur le site de la police du
Connecticut
, ces documents, il y en plus de 7.000. Ce n'est pas la première fois que la police américaine publie de
tels documents, mais la quantité d'information, et surtout, la minutie avec
laquelle a été retranscrite la tuerie sont stupéfiants.

Scènes de crime et appels paniqués

On retrouve, au milieu de dizaines de fichiers numérotés, les
appels passés à la police par des adultes paniqués dans l'école, les photos des
scènes de crime avec douilles au sol, les compte-rendus des officiers de police
de leurs moindres actions (liste de pièces à conviction, annonce de décès aux
parents, restitution d'objets personnels des enfants à la famille).

"Moi, Trooper Hunter #601, me suis rendu avec la
spécialiste FBI du programme Victimes Kathleen D. Hall dans une résidence
privée située à XXX à Newton pour annoncer le décès de XXX, élève à Sandy Hook,
à sa mère
", relate le document policier ci-dessus. 

Tout est en accès libre sur le site de la police du
Connecticut. "I l y a quelques années, pour avoir des renseignements sur
une enquête, il fallait se les procurer en allant dans un centre d'archives. Aujourd'hui,
internet permet à chacun de les avoir chez lui !
" note François
Durpaire, historien et spécialiste des Etats-Unis.

La culture de l'arme à feu contestée

Cette publication soudaine, un an presque jour pour jour
après la tuerie de Sandy Hook, n'est pas vide de signification. "On
publie avec une certaine intention
, analyse François Durpaire, interrogé par
Audrey Morellato, de France Info. Vu les informations publiées dans ces
pages, c'est la culture de l'arme à feu qui semble être dénoncée en filigrane
".

En dépit des efforts du président Barack Obama, le Congrès s'était
refusé
 après Sandy Hook à durcir la législation fédérale sur les armes à
feu. Près de 200 enfants ont été tués depuis par des armes à feu aux
Etats-Unis.

Extraits des documents publiés par la police du Connecticut : les policiers ont photographié les scènes de crime pour les besoins de l'enquête.