Ecoutes, géolocalisation, algorithmes... L'an passé, près de 23 000 personnes ont été surveillées à l'aide d'outils techniques en France

Cela représente une hausse de 3% par rapport à la période d'avant-pandémie, selon un rapport de la Commission nationale de contrôle des techniques du renseignement (CNCTR).

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Au siège de la DGSE à Paris, le 4 juin 2015. (MARTIN BUREAU / AFP)

En France, de plus en plus de personnes sont surveillées par des moyens techniques. En 2021, 22 958 personnes au total ont été visées par des écoutes, des géolocalisations ou d'autres systèmes comme la surveillance par algorithme, selon la Commission nationale de contrôle des techniques du renseignement (CNCTR), lundi 4 juillet. Soit une augmentation de 3% par rapport à la période d'avant le Covid-19.

Cette évolution est liée à la "reprise de l'activité des services en matière de prévention de la criminalité et de la délinquance organisées", estime le texte. Et ce, même si la prévention du terrorisme représente quasiment la moitié des demandes de surveillance émises par les services à la commission. "On note un sentiment de besoin de renseignement" face à l'effet conjugué des tensions internationales, de la "sophistication de la criminalité organisée" et d'une "violence sociale latente", a estimé le président de la commission, Serge Lasvignes.

Des marges de progression pour le contrôle

Sur le plan extérieur, "on sait très bien que les activités de renseignement se font, y compris entre alliés. Il n'y a plus d'amis qui renonceraient à vous surveiller", a-t-il souligné dans un point-presse. "Il y a une guerre en Europe donc cela a forcément des conséquences sur l'intensité de l'activité du renseignement", a-t-il encore estimé, évoquant sans les nommer certains pays "qui mènent de véritables guerres d'influence".

Sur le plan intérieur, le président de la commission a aussi évoqué la "prévention des violences collectives", notion regroupant les potentielles activités violentes de l'ultradroite, de l'ultragauche mais aussi de l'extrémisme écologiste. La CNCTR revendique sa vigilance dans ce domaine, considérant que la prévention de ces violences "ne peut permettre la pénétration d'un milieu syndical ou politique" ou la limitation du droit "de manifester ses opinions, fussent-elles extrêmes".

"La CNCTR constate que les services de renseignement ont le souci de respecter la loi", estime le rapport. Mais l'instance estime également qu'il faut approfondir "sa mission de contrôle a posteriori", car les moyens utilisés par les services sont de plus en plus complexes. La CNCTR réclame donc la possibilité d'accéder directement aux contenus des contrôles effectués notamment par la DGSE (renseignement extérieur) et la DGSI (intérieur).

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