Crise à Idlib : "La pire situation depuis la Seconde Guerre mondiale"

La crise humanitaire se poursuit à Idlib, la province nord de la Syrie. Du jamais vu pour les spécialistes, comme l'explique le spécialiste du Moyen-Orient, Ardavan Amir-Aslani.

Est-ce la pire crise humanitaire que connaît la Syrie ? Le spécialiste du Moyen-Orient, Ardavan Amir-Aslani, répond en plateau dans le 23h de franceinfo. "Les experts considèrent que ce qui s'est passé aujourd'hui à Idlib n'a pas d'équivalent pendant les neuf dernières années, date à laquelle la guerre civile a commencé en Syrie. Vous avez 3,5 millions de personnes qui habitent à Idlib, déjà 950 000 qui sont parties sur la route de l'exil, la situation est désastreuse", déplore-t-il. Et si on ne meurt pas des bombes, on meurt du froid ? "Il fait très froid et il y a déjà eu des centaines d'enfants qui ont perdu la vie à cause du froid, du manque de produits sanitaires, du manque de médicaments. On n'a pas eu de situations équivalentes depuis la Seconde Guerre mondiale", avance Ardavan Amir-Aslani.

Les rebelles soutenus par les Turcs

Quelles sont les solutions politiques ? "La solution politique a failli exister il y a un an quand Erdogan, Poutine et Rohani se sont rencontrés lors d'un sommet à Téhéran, mais aujourd'hui, on est très loin du compte. Il faut savoir que les Turcs et les Russes sont dans des camps totalement opposés en Syrie, alors qu'ils sont alliés sur la question iranienne et de nouveau dans des camps opposés sur la question libyenne. Bachar veut reprendre la totalité de son territoire. Idlib représente le dernier bastion de rebelles", détaille l'expert.
Quel est le but de la Turquie derrière tout ça ? "Vous avez une partie de l'armée syrienne qui est islamiste, soi-disant modérée, qui est soutenue par l'armée et financée par la Turquie. (…) la frontière sur la Syrie a été fermée. Si cela devait arriver, cela ferait 5 millions de réfugiés syriens en Turquie. Ils ont également peur qu'il y ait des jihadistes qui rentrent sur le territoire truc. Assad est déterminé à aller jusqu'au bout, soutenu par les Russes", termine Ardavan Amir-Aslani.

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Bachar al-Assad le 7 octobre 2018, lors d\'une conférence à Damas.
Bachar al-Assad le 7 octobre 2018, lors d'une conférence à Damas. (SANA / AFP)