Syrie : grâce à la Russie, Daech est aux portes d'Alep

Le groupe Etat islamique a pris position vendredi à la lisière d'Alep, deuxième ville de Syrie, grâce à une percée éclair contre les rangs des rebelles déboussolés par les frappes russes qui les visent principalement. L'intervention de la Russie dans le conflit syrien redistribue totalement les cartes sur le plan militaire.

(Illustration : le 8 juillet 2015, dans les rues d'Alep, les habitants inspectent les décombres après une attaque des forces de Bachar al-Assad © MaxPPP)

Daech est au plus près d'Alep. Il a pris ses positions vendredi autour de la seconde ville de Syrie. C'est une conséquence directe des frappes russes, qui ont affaiblies les rebelles et permet maintenant au groupe Etat islamique de réaliser une percée rapide et sans précédent.

Vers une nouvelle bataille d'Alep ? 

Pour le moment, le front d'Alep est relativement calme, mais il pourrait bientôt se rallumer. Les signes d'un affrontement prochain sont là. Les djihadistes du groupe Etat islamique ont pris position à la lisière de l'agglomération alépine après avoir chassé des groupes islamistes rivaux. Un général iranien des Gardiens de la révolution vient d'être tué lors d'un bombardement sur un aéroport militaire. 

Pour Pierre Merjaneh, député indépendant de la ville, la bataille d'Alep se profile à l'horizon. "Je crois que l'armée syrienne se prépare à faire quelque chose dans les alentours d'Alep, explique-t-il. Après les frappes aériennes de la Russie, je crois que les rebelles attendent pour leur défense, ils n'ont plus d'initiatives terrestres."

Des cartes totalement redistribuées

Pendant l'hiver 2014, l'armée de Bachar Al-Assad avait lancé une offensive sur les quartiers de la ville tenus par les insurgés. Les rebelles étaient parvenus à repousser l'assaut grâce à une aide logistique en armes et en munitions fournie par la Turquie. Cette fois-ci, la configuration sur le terrain a complètement changé avec la puissance de feu de la Russie désormais mise au service de Bachar Al-Assad.

A Alep, le reportage de Christian Chesnot
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