Les gérants d'un bar emprisonnés en Russie pour "extrémisme" LGBT+, une première

En novembre 2023, la Cour suprême russe a banni le "mouvement international LGBT" pour "extrémisme", une formulation floue mais ouvrant la porte à de lourdes peines de prison.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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La gay pride à Saint-Pétersbourg (Russie), le 12 août 2017. (OLGA MALTSEVA / AFP)

C'est une première pour ce motif en Russie. Les gérants d'un bar d'Orenbourg, une ville de l'Oural, ont été placés en détention provisoire pour "extrémisme" LGBT+, mercredi 20 mars, et risquent jusqu'à dix ans de prison.

"Il s'agit de la première affaire pénale de ce type en Russie après la décision de la Cour suprême de classer [sous l'étiquette] extrémiste le mouvement LGBT", s'est félicitée Ekaterina Mizoulina, une militante défendant les "valeurs traditionnelles" prônées par Vladimir Poutine.

Le président russe, qui vient d'être reconduit à la tête de son pays pour six ans, promeut de longue date "la famille" et la religion face à un Occident décrit comme "décadent", voire "sataniste". Et depuis l'attaque de grande ampleur contre l'Ukraine, déclenchée fin février 2022, les autorités russes répriment parallèlement de plus en plus fortement les minorités sexuelles.

Plusieurs Russes ont été condamnés ces dernières semaines à des amendes pour avoir, par exemple, mis en ligne des photos comportant des drapeaux arc-en-ciel ou encore, dans le cas de deux femmes, d'avoir diffusé en ligne une vidéo de leur baiser.

Multiplication des descentes de police

En novembre 2023, dans ce contexte, la Cour suprême russe a banni le "mouvement international LGBT" pour "extrémisme", une formulation floue mais ouvrant la porte à de lourdes peines de prison.

Les descentes de police et les intimidations dans des bars et des clubs ouverts aux LGBT+ se sont par la suite multipliées en Russie, ces dernières semaines, après cette décision de la Cour suprême.

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