Nucléaire : la Russie reconnaît avoir détecté une pollution radioactive sur son territoire

Fin septembre, des réseaux européens de surveillance de la radioactivité avaient repéré du ruthénium-106, un produit de fission issu de l'industrie nucléaire, dans l'atmosphère.

Un signe de présence et de transport de matériel radioactif à Valognes (Manche), en novembre 2011. 
Un signe de présence et de transport de matériel radioactif à Valognes (Manche), en novembre 2011.  (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Plusieurs réseaux européens de surveillance de la radioactivité l'avaient déjà repérée. Rosguidromet, l'agence russe de météorologie, a reconnu lundi 20 novembre qu'une concentration "extrêmement élevée" de ruthénium-106, un produit de fission issu de l'industrie nucléaire, avait été détectée dans plusieurs régions de Russie, à la fin du mois de septembre. Mais dans la foulée, le conglomérat nucléaire public russe Rosatom a assuré qu'il n'y avait  "aucun incident ni panne" sur ses installations nucléaires.

"Le radio-isotope Ru-106 a été détecté par les stations d'observation d'Arguaïach et de Novogorny" entre le 25 septembre et le 1er octobre, a annoncé l'agence de métérologie russe dans un communiqué. A Arguaïach, "une concentration extrêmement élevée" de ruthénium-106, "excédant de 986 fois" les taux enregistrés le mois précédent, a même été détectée.

Ce village du sud de l'Oural est situé à 30 kilomètres du complexe nucléaire Maïak, touché par l'un des pires accidents nucléaires de l'histoire en 1957. Il sert aujourd'hui de site de retraitement de combustible nucléaire usé.

Greenpeace réclame une enquête

Rosguidromet précise que le ruthénium-106 a aussi été détecté au Tatarstan, puis dans le sud de la Russie et qu'il s'est ensuite fixé "dans tous les pays européens, à partir de l'Italie et vers le nord de l'Europe". Fin septembre, des réseaux européens de surveillance de la radioactivité avaient repéré du ruthénium-106 dans l'atmosphère. Mi-octobre, Rosatom avait rejeté ces conclusions, assurant que "dans les échantillons relevés du 25 septembre au 7 octobre, y compris dans le sud de l'Oural, aucune trace de ruthénium-106 n'a été découvert à part à Saint-Pétersbourg".

Greenpeace Russie a appelé Rosatom, la société d'Etat russe gérant l'activité de toutes les entreprises du secteur nucléaire en Russie, à "mener une enquête approfondie et à publier des données sur les évènements arrivés à Maïak". "Greenpeace va envoyer une lettre au parquet pour demander l'ouverture d'une enquête sur la dissimulation éventuelle d'un incident nucléaire", ajoute l'organisation dans un communiqué.

Selon l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire français (IRSN), "les niveaux de concentration dans l'air en ruthénium-106 qui ont été relevés en Europe et a fortiori en France sont sans conséquence tant pour la santé humaine que pour l'environnement".