La mystérieuse pollution radioactive détectée en Europe vient-elle de Russie ?

Du ruthénium 106 avait été détecté à la fin du mois de septembre par plusieurs réseaux européens de surveillance de la radioactivité dans l'atmosphère.

Le siège de l\'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, le 13 mars 2011, à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine).
Le siège de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, le 13 mars 2011, à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine). (BERTRAND LANGLOIS / AFP)
avatar
franceinfo avec AFPFrance Télévisions

Mis à jour le
publié le

Une énigmatique pollution radioactive détectée dans l'air en France et dans d'autres pays d'Europe par plusieurs réseaux européens de surveillance de la radioactivité dans l'atmosphère, à la fin du mois de septembre et au début du mois d'octobre. D'où provenait ce ruthénium 106 ? L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) français a mené son enquête. Sa conclusion, dévoilée dans une note de synthèse jeudi 9 novembre, pointe en direction de la Russie.

Une quantité "très importante" de ruthénium 106 probablement rejetée

"La zone de rejet la plus plausible se situe entre la Volga et l'Oural, sans qu'il ne soit possible, avec les données disponibles, de préciser la localisation exacte du point de rejet", écrit l'IRSN. La France a "entrepris des démarches diplomatiques", indique-t-on à l'AFP au ministère de la Transition écologique. Mais officiellement le mystère reste entier. Aucun pays n'a déclaré à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) être à l'origine de ce rejet.

Selon l'IRSN, une quantité "très importante" de ruthénium 106 a probablement été rejetée dans la zone d'origine, mais seules des "traces" ont été détectées en France entre fin septembre et début octobre. Et "depuis le 13 octobre, le ruthénium 106 n'est plus détecté en France", note l'IRSN, qui dispose d'un réseau de stations de surveillance de l'atmosphère.

La Russie nie toute responsabilité

Les autorités russes nient toute responsabilité. "Les entreprises de Rosatom n'ont rien à voir avec la fuite du ruthénium 106" détectée en Europe, affirme à l'AFP le service de presse de la société d'État russe, qui gère l'activité de toutes les entreprises du secteur nucléaire, militaires comme civiles, en Russie.

La société kazakhe Kazatomprom, opérateur national chargé de la production du combustible nucléaire, a également démenti être à l'origine de la fuite. "Il n'y a pas de sites au Kazakhstan d'où une éventuelle fuite de cette substance pourrait se produire", a assuré le service de presse de Kazatomprom.

Selon l'IRSN, la pollution ne peut pas provenir d'un réacteur nucléaire, car d'autres éléments radioactifs auraient été alors détectés. L'IRSN a donc "fait l'hypothèse d'un rejet issu d'une installation" liée au cycle du combustible nucléaire ou de fabrication de sources radioactives, mais sans identifier un site en particulier.

"Sans conséquence pour la santé et l'environnement"

"Les niveaux de concentration dans l'air en ruthénium 106 qui ont été relevés en Europe et a fortiori en France sont sans conséquence tant pour la santé humaine que pour l'environnement", assure l'IRSN.

Le gouvernement précise de son côté avoir, par précaution, réalisé des "contrôles par sondage sur les champignons importés des pays concernés, qui n'ont révélé aucune contamination à ce jour". Les champignons sont en effet un aliment particulièrement à risque.