De mystérieuses traces de pollution radioactive détectées en France et dans d'autres pays européens

Du ruthénium 106 a été décelé dans l'atmosphère par des stations de mesure à Nice et à la Seyne-sur-Mer. Cette pollution, qui proviendrait de Russie, touche également d'autres pays d'Europe.

Le siège de l\'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), le 13 mars 2011 à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine).
Le siège de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), le 13 mars 2011 à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine). (BERTRAND LANGLOIS / AFP)
avatar
franceinfoFrance Télévisions

Mis à jour le
publié le

Les niveaux sont faibles, mais ils sont suffisants pour avoir alerté les spécialistes. Plusieurs réseaux européens de surveillance de la contamination radioactive dans l'atmosphère ont détecté des traces d'une pollution d'origine nucléaire dans l'air. L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) l'a révélé vendredi 6 octobre.

La substance qui a été repérée est du ruthénium 106. Or cet élément n'est pas présent à l'état naturel dans l'environnement, mais il est un produit de fission issu de l'industrie nucléaire. En France, deux stations de l'IRSN, à la Seyne-sur-Mer (Var) et à Nice (Alpes-Maritimes), l'ont identifié "à l’état de traces", à des niveaux de respectivement 7,4 et 6,8 micro-becquerel/m3. Des niveaux de pollution comparables ont été observés en Europe, indique l'IRSN, qui se veut rassurante et précise qu'il "ne sont pas de nature à générer des effets sanitaires".

Origine possible : le sud de l'Oural 

D'après l'IRSN, la source de cette pollution radioactive se trouverait en Russie. "Il semble que les masses d’air contaminées mesurées en Europe aient pour origine les régions sud de l’Oural", indique l'institut lundi 9 octobre. Et l'IRSN prévient qu'elle "ne dispose pas d’information pouvant confirmer la fin de ces rejets". Par ailleurs, si les niveaux de pollution mesurés ne présentent pas de danger pour la population française, selon l'IRSN, il n'en va pas de même près du foyer de contamination. "Il apparaît que des mesures de protection des populations auraient pu être nécessaires à proximité du lieu des rejets", estime l'organisme. 

L'IRSN "exclut la possibilité d’un accident sur un réacteur nucléaire", car un tel scénario "se traduirait par la présence d’autres radionucléides", or seul du ruthénium 106 a été détecté. Des analyses confirmées, indique l'IRSN, par son homologue allemand, l'Office fédéral de radioprotection(BfS). Pour Le Figaro, les hypothèses les plus probables sont celle d'un accident lors d'opérations de retraitement de combustible nucléaire, ou celle d'un incinération par accident d'une source radioactive médicale.