L'Egypte a signé l'achat des deux navires Mistral que la France avait refusé de livrer à la Russie

Après l'annulation de la vente à la Russie des deux navires de guerre Mistral en raison de la crise en Ukraine, la France avait fini par trouver un accord avec Le Caire, qui les achètera pour environ 950 millions d'euros.

Un \"Mistral\" dans la rade de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) le 28 août 2015.
Un "Mistral" dans la rade de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) le 28 août 2015. (CITIZENSIDE / CHRISTOPHE BONNET / AFP)

L'Egypte a signé avec la France le contrat d'achat des deux  navires de guerre Mistral dont la vente à la Russie avait été annulée par Paris en raison de la crise ukrainienne. L'entourage du Premier ministre, Manuel Valls, en a fait l'annonce samedi 10 octobre, alors que le chef du gouvernement a entamé une visite officielle au Caire, la première étape de sa tournée de quatre jours au Moyen-Orient.

Le 23 septembre dernier, François Hollande avait annoncé qu'il s'était mis d'accord sur cette vente avec son homologue Abdel Fattah Al-Sissi. L'entourage du ministre de la Défense avait alors parlé d'un montant d'environ 950 millions d'euros.

Une livraison prévue pour début mars

Les deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) très sophistiqués seront livrés début mars à l'Egypte et quatre mois de formation en France d'environ 400 marins égyptiens sont prévus dans le contrat, indiquait le ministère français de la Défense en septembre.

Une source gouvernementale française avait glissé que l'Arabie saoudite devait participer à l'achat par l'Egypte de ces deux navires à un niveau "significatif". L'Arabie saoudite, où Manuel Valls est attendu lundi soir, et d'autres monarchies du Golfe sont d'ailleurs également intéressées par des équipements militaires français.

Un spectaculaire rapprochement avec le régime égyptien

Ce nouveau contrat illustre le spectaculaire rapprochement de Paris depuis moins d'un an avec le régime d'Al-Sissi, l'ex-chef de l'armée qui a destitué en 2013 le président islamiste élu Mohamed Morsi et réprime depuis, de manière implacable, ses partisans mais aussi toute forme d'opposition.

La France a en outre déjà signé avec l'Egypte de très gros contrats de vente d'armements. Le Caire a acheté en février 24 avions de combat Rafale, une frégate multimissions FREMM et des missiles, pour un total estimé à 5,2 milliards d'euros avec équipements et formation.

Le chef de l'Etat avait alors invoqué le rôle essentiel selon lui de l'Egypte dans la lutte contre le terrorisme, notamment contre l'organisation jihadiste Etat islamique, dont la branche locale multiplie les attentats meurtriers en Egypte depuis 2013.