Russie : la police arrête des milliers de personnes lors de manifestations de soutien à l'opposant Alexeï Navalny

Les forces de l'ordre ont affirmé que les manifestants pourraient être poursuivis pour "émeutes de masse" si les rassemblements se soldaient par la violence.

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France Télévisions
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Manifestation à Moscou, en soutien à l'opposant Alexeï Navalny, le 31 janvier 2021. (EVGENY ODINOKOV / SPUTNIK)

De nombreux défilés dans les rues et une série d'interpellations. La police russe a procédé une nouvelle fois à des arrestations massives lors de manifestations dans toute la Russie pour appeler à la libération de l'opposant Alexeï Navalny. Selon l'ONG OVD-Info, spécialisée dans le suivi des manifestations, au moins 4 407 personnes ont été interpellées dans 85 villes, dont 1 357 à Moscou et 950 à Saint-Pétersbourg.

Les policiers ont également bloqué le centre de plusieurs villes, dont la capitale, où les agents anti-émeutes étaient déployés en masse et plusieurs rues et stations de métro ont été fermées, une mesure rare en Russie. La municipalité a également annoncé que des restaurants et magasins du centre de la capitale allaient rester fermés dimanche et que le circuit des bus serait modifié.

Les partisans d'Alexeï Navalny, qui comptaient se rassembler devant le siège des services de sécurités russes (FSB), ont été contraints de changer leurs plans. Les groupes de manifestants se sont dirigés vers le centre de détention où est enfermé Alexeï Navalny, mais sans y parvenir pour la plupart, avant de rejoindre à nouveau le centre-ville.

L'UE exprime sa désapprobation

La femme d'Alexeï Navalny, Ioulia Navalnaïa, a été interpellée par la police alors qu'elle était venue prendre part au rassemblement à Moscou, a annoncé l'équipe de l'opposant. Par ailleurs, selon l'union des journalistes russes, au moins 60 membres de la presse ont été arrêtés.

Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé sur Facebook ces nouveaux rassemblements, y voyant le résultat de "l'ingérence grossière des États-Unis dans les affaires intérieures de la Russie" et de "la promotion des fausses informations et les appels à participer à des actions illégales de la part de plateformes internet contrôlées par Washington".

Le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell, a "déploré les interpellations massives" et "l'usage disproportionné de la force" contre les manifestants et les journalistes, dans un tweet.

Ces rassemblements font suite à une première journée de manifestations samedi 23 janvier. Elle a réuni plusieurs dizaines de milliers de Russes dans tout le pays et s'était soldée par plus de 4 000 interpellations et l'ouverture d'une vingtaine d'affaires pénales.

Les jours précédents, les autorités ont multiplié les mises en garde aux partisans d'Alexeï Navalny. La police a affirmé que les manifestants pourraient être poursuivis pour "émeutes de masse" si les rassemblements étaient violents. Le gendarme russe des télécoms, Roskomnadzor, a annoncé pour sa part qu'il allait sanctionner les réseaux sociaux pour avoir laissé en ligne des messages encourageant, selon lui, les jeunes de moins de 18 ans (âge de la majorité civile) à aller manifester.

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