Santé : un musée de Londres retrace la vie de Florence Nightingale, une infirmière qui a inventé des techniques de médecine moderne

Elle a inventé les statistiques médicales, imposé de strictes règles d’hygiène qui ont sauvé des centaines de vie, créé une école d'infirmière... Le travail de Florence Nightingale sert encore aujourd’hui et se dévoile à travers un musée qui vient de rouvrir ses portes à Londres.

Article rédigé par
Richard Place, édité par Ariane Schwab - franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 2 min.
Buste de Florence Nightingale. (RICHARD PLACE / RADIO FRANCE)

Au XIXe siècle, elle a transformé son métier et la vision des femmes. Un musée lui est consacré au centre de Londres et vient de rouvrir alors que se fête samedi 14 mai partout en Europe la Nuit des musées. Mais qui est donc Florence Nightingale ?    

Vitrail représentant Florence Nightingale, exposé au musée londonien à son nom. (RICHARD PLACE / RADIO FRANCE)

En 1855, les troupes britanniques combattent en Crimée. Une guerre qui fait des ravages. Une jeune infirmière réalise cependant que l’ennemi russe n’est pas le principal responsable de la mort des militaires. C'est à ce moment-là que Florence Nightingale invente tout simplement les statistiques médicales, explique le professeur Jennifer Rogers, statisticienne elle-même.

"Quand elle est arrivée en Crimée, elle a commencé à collecter des informations, raconte Jennifer Rogers. Elle les a ensuite utilisées pour démontrer que la vaste majorité des soldats qui mouraient, périssaient de maladies qui pouvaient être évitées, à cause des conditions sanitaires dans les hôpitaux. Elle a aussi été une pionnière dans la manière dont elle transmettait ces infos-là. En 1850, il n’y avait que des tableaux remplis de chiffres. Elle a été la première à utiliser des infographies pour communiquer efficacement", précise-t-elle à franceinfo.

Statistiques et règles d’hygiène

Florence Nightingale invente, en fait, ce que nous avons vu pendant la pandémie de Covid-19 : ces tableaux, ces statistiques pour expliquer au plus grand nombre. En Crimée, elle alors sauve des centaines de soldats du typhus, du choléra, de la dysenterie en assainissant les hôpitaux. Elle met en place des règles d’hygiène strictes. Personne n’y avait encore pensé.

Au XIXe siècle, la médecine est une affaire d’hommes et certainement pas d’infirmières. L’intelligence et la détermination de Nightingale vont tout changer, raconte Julie Chandler, l’une des guides du musée. "Avant Florence, les seules infirmières, hormis les nonnes, étaient les épouses de militaires qui combattaient ou des femmes très pauvres. Elles n’avaient aucune reconnaissance, ne savaient pas vraiment ce qu’elles faisaient."   

"Grâce à elle, les soins infirmiers sont devenus respectables."

Julie Chandler, guide au Florence Nightingale Museum  

à franceinfo

Florence Nightingale fonde une école d’infirmières en 1860. Le métier se professionnalise. Fiona Hibberts est aujourd’hui responsable de la "Nightingale Academy". Elle visite avec émotion le musée en hommage à cette glorieuse prédécesseure : "C’est le genre d’endroit qui vous permet de vous rappeler pourquoi vous faites ça. Et une inspiration pour avancer quand les journées sont difficiles."   

Florence Nightingale meurt quatre ans avant le début de la Première Guerre mondiale, un conflit qui verra des milliers d’infirmières britanniques au chevet des soldats pour les soigner, leur sauver la vie parfois, une partie de son incroyable héritage. Un musée lui est consacré à Londres. Il est situé à l'hôpital St Thomas, face au palais de Westminster, de l'autre côté de la Tamise. Il accueille de nouveau le public depuis le 12 mai, jour du 202e anniversaire de la célèbre infirmière britannique.  

Présentation du musée réalisée pour son bicentenaire en 2020 (en anglais) :

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