Royaume-Uni : Boris Johnson s'accroche au pouvoir malgré une cinquantaine de démissions

Plusieurs ministres de premier plan et secrétaires d'Etat ont demandé au Premier ministre britannique de démissionner, tant la situation est devenue intenable. Des appels rejetés par le chef du gouvernement. 

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Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, le 6 juin 2022 à Londres (Royaume-Uni). (DANIEL LEAL / AFP)

Une véritable débandade. Une cinquantaine de membres du gouvernement britannique avaient démissionné, jeudi 7 juillet, lassés par les scandales à répétition impliquant l'exécutif. Dernier en date, le ministre britannique chargé de l'Irlande du Nord. "Un gouvernement décent et responsable repose sur l'honnêteté, l'intégrité et le respect mutuel - c'est avec un profond regret personnel que je dois quitter le gouvernement étant donné que j'estime que ces valeurs ne sont plus défendues", a-t-il estimé dans une lettre publiée sur Twitter et adressée au Premier ministre Boris Johnson.

Cinq secrétaires d'Etat avaient par ailleurs annoncé dans une lettre commune qu'ils quittaient ensemble le gouvernement de Boris Johnson mercredi. "Nous devons demander que, pour le bien du parti et du pays, vous vous retiriez", ont écrit au Premier ministre britannique les secrétaires d'Etat Kemi Badenoch, Neil O'Brien, Alex Burghart, Lee Rowley et Julia Lopez.

Les appels à la démission se multiplient

Plusieurs ministres de premier plan, fidèles y compris, lui ont également demandé de démissionner tant la situation est devenue intenable, selon les médias britanniques. Parmi les noms cités, la ministre de l'Intérieur Priti Patel, ou Nadhim Zahawi, moins de 24 heures après sa nomination comme ministre des Finances.

Boris Johnson a rejeté mercredi ces appels à la démission. "Nous allons continuer avec le gouvernement de ce pays", a affirmé le Premier ministre dans l'après-midi face aux chefs des commissions parlementaires. Le dirigeant a affirmé que le "mandat colossal" qui lui avait été confié par les électeurs en 2019 lui conférait le devoir de "continuer".

Des scandales à répétition

Déjà considérablement affaibli par le scandale des fêtes organisées à Downing Street pendant la pandémie, Boris Johnson a survécu il y a quelques semaines à un vote de défiance de son propre camp. Le ministre de la Santé, Sajid Javid, et celui des Finances, Rishi Sunak, avaient été les premiers à partir, mardi soir, en annonçant à quelques minutes d'intervalle leur démission, lassés des scandales à répétition qui secouent le gouvernement depuis des mois. Les Britanniques sont en droit d'attendre "de l'intégrité de la part de leur gouvernement", a notamment estimé Sajid Javid.

>> Royaume-Uni : "Partygate", scandales sexuels... Ces affaires à répétition qui ébranlent le gouvernement de Boris Johnson

Le Premier ministre venait alors de présenter des excuses après un énième scandale, reconnaissant avoir fait une "erreur" en nommant en février dans son gouvernement Chris Pincher, chargé de la discipline parlementaire des députés conservateurs. Ce dernier a démissionné la semaine dernière après avoir été accusé d'attouchements sur deux hommes. Après avoir affirmé l'inverse, Downing Street a reconnu que le Premier ministre avait été informé dès 2019 d'anciennes accusations à l'encontre de Chris Pincher mais qu'il les avait "oubliées" en le nommant.

Se sont ajoutées plusieurs affaires à caractère sexuel au Parlement : un député soupçonné de viol a été arrêté puis libéré sous caution mi-mai, un autre a démissionné en avril pour avoir visionné des vidéos pornographiques au Parlement sur son téléphone portable et un ancien député a été condamné en mai à 18 mois de prison pour l'agression sexuelle d'un adolescent de 15 ans.

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