Report du Brexit : “Il appartient aux Britanniques de décider d’organiser ou non des élections européennes”

Lors des questions au gouvernement au Sénat ce jeudi, le gouvernement a été interpellé sur le nouveau report du Brexit, décidé la veille. Les sénateurs sont inquiets des conditions d’une telle décision sur le fonctionnement de l’Union européenne, en raison notamment de la tenue des élections européennes entre temps.

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Un report de plus pour le Brexit. Mercredi, les Vingt-Sept se sont en effet accordés pour repousser de six mois l'échéance fatidique, au 31 octobre. “La fermeté dont a fait preuve la France quant à la durée de ce nouveau délai a permis de conjurer l’impasse institutionnelle et politique qui aurait pu survenir si celui-ci s'était étendu au-delà de la date d’installation de la future Commission européenne, fixée au 1er novembre prochain”, se félicite le sénateur LREM André Gattolin. “De nombreuses dates ont été évoquées au Conseil européen, hier soir. Parfois pour de très longues durées et sans conditions particulières”, souligne Amélie de Montchalin, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, avant de se réjouir que “la France a(it) été écoutée” et qu’ainsi “l’Union européenne a été préservée”.  

Reste l’attente d’ici au 31 octobre, qui va notamment être marquée par la tenue des élections européennes, les 23 et 26 mai prochains. “Il appartient aux Britanniques de décider d’organiser ou non des élections européennes : s’ils n’en organisent pas, ils quitteront l’Union européenne le 1er juin, sinon ils quitteront le Parlement européen lorsque le Royaume-Uni sortira”, explique la secrétaire d’Etat.  A moins que la Première ministre britannique, Theresa May, réussisse à convaincre son Parlement avant l'échéance électorale de ratifier l’accord de sortie du Royaume-Uni conclu avec l’Union européenne, c’est plutôt le deuxième scénario qui semble se profiler.  

“Les Britanniques s'engagent au devoir de coopération loyale”  

Une incertitude qui inquiète sur les bancs de l'hémicycle, et notamment le président de la commission des Affaires européennes, Jean Bizet : “Pourquoi et comment contrôler la sincérité et l'attitude des 73 parlementaires britanniques présents à nouveau demain au Parlement européen, à une période critique où il faudra voter le nouveau cadre financier pluriannuel et la nouvelle composition de la Commission européenne et son président” interroge-t-il. Jean-Yves le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères assure que des “garanties” ont été apportées par le Royaume-Uni hier soir : “Les Britanniques s'engagent au devoir de coopération loyale et à ce que les Vingt-Sept puissent se réunir à 27 pour préparer les dossiers qui viendront après leur sortie de l'Union européenne”, détaille-t-il. Un point d’étape est prévu en juin pour vérifier que le Royaume-Uni a bien respecté ses engagements.

Questions au gouverment 11/04
Questions au gouverment 11/04 (Public Sénat)