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Le Brexit va-t-il pousser l’Ecosse vers l’indépendance?

Les nationalistes écossais se disent déterminés à ne pas subir le choix du Brexit et à rester dans l’Union Européenne. En Ecosse, le vote en faveur d'un maintien dans l'UE a réuni 62% des suffrages. La Première ministre Nicola Sturgeon juge «très probable» un nouveau référendum sur l'indépendance. La chute du prix du brut, principale ressource du pays, hypothèque l'idée d'une indépendance rapide.
Article rédigé par Michel Lachkar
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min

 
Majoritairement pro-européens, les Ecossais pourraient vouloir ne pas quitter l’UE dans le sillage du vote «leave». Cela passe par un nouveau référendum sur l’indépendance, seule manière pour Edimbourg de rester dans l’UE. Les leaders du Scottish National Party (SNP, parti indépendantiste écossais), aimeraient organiser un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Ecosse après l’échec de 2014.

L’UE prête à accueillir l’Ecosse
Les pays européens seraient ravis d’accueillir dans l'UE les 5 millions d’Ecossais et leur PIB équivalent à celui du Portugal. «L'UE consistera toujours en 28 pays, car je m'attends à la tenue d'un référendum en Ecosse, qui sera couronné de succès», a lancé, au lendemain du Brexit, Gunther Krichbaum, président de la commission des Affaires européennes du Bundestag, la chambre basse du parlement allemand.

«L’Ecosse fera tout son possible pour rester dans l’UE», a déclaré lundi 27 juin 2016 la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon.
Lors du référendum organisé en 2014, le vote en faveur d'une Ecosse indépendante n'avait recueilli que 45% des voix, mais le Royaume-Uni était alors dans l’Europe. «Le Royaume-Uni pour lequel l’Ecosse a voté en 2014, n’existe plus», a répété Mme Sturgeon. La Première ministre écossaise devait rencontrer le président du Parlement européen Martin Schultz le 29 juin sur les modalités d’un possible maintien dans l’UE.
Le Parti national écossais souhaite débuter au plus vite des discussions sur sa place au sein de l'UE, a affirmé Nicola Sturgeon. «Indépendante, l’Ecosse pourrait adhérer rapidement à l’espace économique européen et faire acte de candidature à l’UE», affirme Andrew Scott professeur d’études européennes de l’université d’Edimbourg.

L’Ecosse, une économie en difficulté
Mais les conditions d’une indépendance économique sont aujourd’hui rendue difficiles par un pétrole en forte baisse. A moins de 50 dollars le baril, les entreprises perdent plus d’argent qu’elles n’en gagnent à extraire du pétrole. Depuis 2015, des dizaines de puits ont été fermés, et des milliers d’emplois perdus. Le pétrole était en 2014 la principale ressource d’exportation du pays derrière le whisky, l'électronique et le saumon d'élevage.

De plus, les réserves de pétrole s’épuisent rapidement, ce qui hypothèque l’idée d’une possible indépendance économique.

A ce jour, 65% des exportations écossaises sont destinées au reste du Royaume-Uni. C’est dire l’interdépendance entre les deux économies. Il faudra négocier un partage des ressources pétrolières, mais aussi de la dette, sans oublier l’épineuse question de l’avenir des sous-marins nucléaires basés à Faslane, près de Glasgow. Là aussi, une longue négociation en perspective.

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