Attaque contre le parlement britannique : à Birmingham, Khalid Masood a laissé peu de traces

L'homme qui a semé la terreur mercredi près du Parlement britannique a fait quatre morts et au moins cinquante blessés et a été abattu par la police. À Birmingham, où se concentrent les efforts de l'enquête, Khalid Masood a laissé peu de traces

La façade d\'une des maisons perquisitionnée par la police à Birmingham.
La façade d'une des maisons perquisitionnée par la police à Birmingham. (PAUL ELLIS / AFP)

La police britannique a publié le portrait de Khalid Masood, le terroriste de Londres. Avec pour but de recueillir des témoignages sur sa vie et ses fréquentations et savoir s’il a vraiment agi seul ou s’il était en contact avec la mouvance islamiste. Il faut dire que jusqu’à présent, les investigations se sont heurtées à la discrétion du personnage : à Birmingham, deuxième ville du pays à forte communauté musulmane, Khalid Masood a en effet laissé peu de traces.

Un homme "discret"

De la descente qui a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi sur Hagley Road, grande artère du quartier universitaire de Birmingham dans un apppartement présenté comme le dernier occupé par Khalid Masood, il ne reste qu'un cordon de sécurité de police dans une poubelle. Un homme discret que l'épicier du quartier assure avoir eu comme client dans sa boutique. "Quand j'ai vu beaucoup de policiers, témoigne-t-il, j'ai été choqué, parce que c'était un homme gentil, un client normal, qui allait et venait. Puis un officier de police est venu et à dit qu'il y avait un gros problème, que c'était un terroriste."

L'homme répond aux questions dans son petit magasin, son perroquet sur l'épaule, mais derrière les sourires, l'inquiétude est là. "Je n'arrive plus à comprendre qui est bon, qui est mauvais. Il n'y a plus de confiance. Aujourd'hui vous êtes bon, demain je ne sais pas ce que vous serez ? Honnêtement, j'ai peur car je ne crois plus personne maintenant.", affirme-t-il.

Ses enfants jouent dans la rue, lui tond sa pelouse

À quelques kilomètres de là, un autre domicile de Khalid Masood a été perquisitionnée dès mercredi. Il est venu s'installer là, au printemps dernier, dans cette rue paisible de Winson Green, un quartier de petites maisons mitoyennes, avec sa femme et ses enfants. Masood ne s'y fait pas remarquer, sauf peut-être, dans ce quartier où vivent peu de musulmans, quand il porte parfois le vêtement islamique. Ses enfants jouent dans la rue, lui tond sa pelouse : le quotidien, en somme, d'une famille normale.

Masood recevait peu de monde

Alors, aujourd'hui, les habitants sont surpris. "C'est très calme ici. Donc j'ai été choqué en regardant la télé. Ce n'est pas une bonne surprise pour moi et ma famille. On n'a jamais eu cette situation ici auparavant", témoigne une voisine. Masood n'était pas un voisin très liant, selon le voisinage, et recevait peu de monde. Une discrétion, se demandent les enquêteurs, qui aurait pu cacher à dessein ses liens avec les milieux islamistes.