Syrie : "Le risque d'un embrasement régional est déjà là", prévient Le Drian

Avec l’implication des Russes, des Turcs et des Kurdes dans le conflit, le ministre des Affaires étrangères redoute, dans Libération, que le pire soit à venir 

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, quitte l\'Elysée, à Paris, le 21 février 2018.
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, quitte l'Elysée, à Paris, le 21 février 2018. (LUDOVIC MARIN / AFP)

"Le pire est peut-être devant nous." Jean-Yves Le Drian est très pessimiste face au conflit syrien et craint qu'il ne s'étende. "Le risque d'un embrasement régional est déjà là", souligne le ministre des Affaires étrangères dans un entretien avec Libération, publié vendredi 23 février. "La présence militaire de l’Iran à ses frontières est inacceptable pour Israël. La Turquie pénètre en Syrie pour affronter les Kurdes. Quelle est la capacité réelle de la Russie à modérer ses alliés, d’abord Assad, mais aussi l’Iran ?", analyse le ministre. 

L'armée syrienne a lancé le 18 février une nouvelle campagne aérienne meurtrière contre la Ghouta orientale, dernier bastion contrôlé par les rebelles près de Damas, que le régime de Bachar al-Assad cherche à reconquérir.

"Je veux trouver des solutions"

En six jours, les raids aériens et les tirs d'artillerie intensifs ont tué 468 civils, dont 108 enfants dans cette enclave où sont assiégés quelque 400 000 habitants depuis 2013.

Jean-Yves Le Drian se rend à Téhéran, en Iran, le 5 mars.  "Je veux trouver des solutions car je suis convaincu que la stabilité est à l’avantage de tous, mais chacun doit y prendre sa part", souligne-t-il. Et d'ajouter : "Bachar serait déjà parti si la Russie et l’Iran ne lui avaient pas sauvé la mise."