REPORTAGE FRANCE 2. Syrie : en banlieue de Damas, la guerre en sous-sol

L'appui russe ne fait pas de miracles en Syrie. L'armée de Bachar al-Assad s'affaiblit, minée par les désertions. Les combats font rage à quelques kilomètres du centre-ville de Damas.

FRANCE 2

Vivant, embouteillé, le centre-ville de Damas (Syrie) ne renvoie pas l'image d'une ville en guerre. Pourtant, dès que l'on s'éloigne un peu, l'autoroute qui dessert les quartiers périphériques se vide. Les premiers immeubles éventrés apparaissent. À 10 minutes du centre, un quartier est devenu le symbole de cette guerre sans fin, Jobar. Ici, pas une rue, pas un immeuble n'a été épargné. Le combat se mène dans la poussière et un vacarme terrible. Les soldats sont très jeunes, en t-shirt pour certains, sans casque ni gilet pare-balles.

Une guerre en sous-sol

Pour la plupart, ils ont à peine plus de 20 ans. À Jobar, se battre en surface est devenu quasi suicidaire affirment les soldats. Alors c'est en sous-sol que la guérilla se déroule désormais. À 10 mètres de profondeur, il existe des dizaines de kilomètres de tunnels sous Jobar. Pour protéger ses positions, l'armée a décidé de construire des tranchées de 20 mètres de profondeur pour protéger les bâtiments les plus importants, et la contre-attaque elle aussi se joue désormais en sous-sol. L'armée syrienne ne manque ni d'armes, ni de munitions, mais elle manque de bras. Effrayées par cette guerre sans fin, les jeunes recrues se font rares, même chez ceux qui sont favorables au régime. Les campagnes de recrutement placardées dans Damas ni changent rien. Ils seraient plusieurs dizaines de milliers à avoir fui le pays pour éviter de rejoindre l'armée de Bachar al-Assad.

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Des soldats loyalistes entrent dans Jobar, la banlieue de Damas (Syrie), le 2 juin 2013.
Des soldats loyalistes entrent dans Jobar, la banlieue de Damas (Syrie), le 2 juin 2013. (SANA SANA / REUTERS)