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Le monde musulman divisé sur une intervention en Syrie

Certains pays du Proche-Orient et du Moyen-Orient appellent à favoriser une intervention armée des pays occidentaux en Syrie. D'autres, au contraire, y sont farouchement opposés.

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France Télévisions
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Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud Al-Fayçal, le 4 mars 2013 à Riyad (Arabie saoudite). ( AFP)

Depuis plus de deux ans, à leurs portes, ils voient le conflit syrien s'enfoncer dans le chaos. Alors que les tractations internationales vont bon train autour d'une possible intervention militaire occidentale en Syrie, plusieurs pays du Proche-Orient et du Moyen-Orient tiennent des discours favorables à une opération armée visant à déstabiliser Bachar Al-Assad. D'autres, au contraire, apportent leur soutien au président syrien, ou refusent de soutenir toute action d'ingérence.

La Turquie et l'Arabie saoudite appellent à agir sans délai

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, s'est déclaré insatisfait, vendredi 30 août, d'une possible action militaire limitée contre la Syrie, estimant que toute intervention devait avoir pour objectif un changement de régime dans ce pays. "Une opération limitée ne peut nous satisfaire", a-t-il déclaré à la presse. "Une intervention doit se faire comme ce qui s'est produit au Kosovo. Une intervention d'un jour ou deux ne suffira pas. L'objectif doit être de contraindre le régime à abandonner." La Turquie, pays de l'Otan qui a rompu avec le régime syrien, son ex-allié, s'est engagée à rejoindre une coalition anti-Damas, même sans consensus à l'ONU.

De son côté, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud Al-Fayçal, a appelé, dimanche 1er septembre, les pays arabes à soutenir l'opposition syrienne. Lors d'une conférence de presse au Caire (Egypte), avant une réunion des chefs de diplomatie arabes sur la situation en Syrie, le prince a appelé les Etats arabes à se tenir "aux côtés des Syriens" (c'est-à-dire de l'opposition) lorsque ces derniers "appellent la communauté internationale à les aider, de la façon qu'ils demandent".

Le ministre saoudien n'a pas expressément mentionné d'éventuelles frappes, mais a appelé la communauté internationale à arrêter "l'agression contre le peuple syrien avant que ce peuple ne périsse". La Ligue arabe doit "les soutenir et les condamnations ne suffisent pas", a insisté le ministre, alors que la Ligue arabe a récemment fait porter l'entière responsabilité de l'attaque chimique présumée au régime syrien.

La Ligue arabe n'a pas choisi et l'Iran menace

Fin 2011, la violence du conflit avait entraîné la suspension de la Syrie des travaux de la Ligue arabe, avant que son siège ne soit réattribué à l'opposition syrienne. Ces derniers jours, les Etats-Unis avaient cité l'organisation panarabe parmi les alliés possibles pour une action armée. Mais la Ligue arabe est profondément divisée, des pays comme l'Egypte, l'Algérie, l'Irak, le Liban ou la Tunisie s'étant déjà dits opposés à une telle intervention.

Dimanche 1er septembre, l'institution d'Al-Azhar au Caire, plus haute autorité de l'islam sunnite, s'est déclarée hostile à une éventuelle frappe américaine en Syrie, y voyant une "agression contre la nation arabe et islamique". Dans un communiqué, Al-Azhar "exprime son rejet catégorique et sa condamnation de la décision du président américain de lancer des frappes militaires sur la Syrie".

Enfin, le principal allié de Damas dans la région, l'Iran, a une nouvelle fois menacé tout pays qui engagerait une action militaire en Syrie. En visite dimanche à Damas, un responsable parlementaire iranien a notamment prévenu que les intérêts américains seraient "menacés" si Washington lançait une frappe contre le régime syrien, allié de Téhéran.

Dans la foulée, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a estimé qu'une attaque américaine serait une violation du droit international. "Seul le Conseil de sécurité de l'ONU, dans des conditions particulières, peut donner une autorisation à l'usage de la force." Le ministre iranien a ensuite conclu avec une mise en garde très claire : "Outre la question de sa légalité, tout usage de la force dans la région déclencherait un incendie difficile à éteindre."

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