Kurdes de Syrie : quand les soldats turcs verrouillent l'information

L'armée turque a convié des journalistes à une véritable opération de communication dans la région d'Afrin, en Syrie. Ankara tente ainsi de justifier son intervention contre les Kurdes dans cette zone. Les journalistes ont bien peu de liberté tant leur travail est surveillé.

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FRANCEINFO

L'armée turque tente de justifier son intervention contre les Kurdes du YPG en Syrie. Ces derniers sont considérés par Ankara comme des terroristes associés au parti séparatiste kurde du PKK. "Nous avons pu faire une incursion avec l'armée turque dans l'ouest du canton d'Afrin, en territoire syrien, dans un petit village, Der Ballout, 'libéré', selon le terme de l'armée turque, par Ankara au début de l'opération contre Afrin. Une opération humanitaire était organisée ce jour-là avec le Croissant-Rouge turc", relate Franck Mathevon, envoyé spécial en Turquie.

Surveillance scrupuleuse des soldats turcs

Cependant l'objectif de l'armée turque était clair : il s'agissait de montrer qu'elle s'occupait des civils, qu'elle était là pour leur venir en aide. "Il n'était pas question de sortir de ce cadre. La consigne avait été donnée aux journalistes au début de l'opération : 'Surtout ne filmez pas les militaires, concentrez-vous essentiellement sur cette opération'. Toutes nos interviews étaient contrôlées par l'armée turque. Chaque fois que nous allions voir un villageois, un soldat turc se mettait à nos côtés. Accompagné d'un traducteur, il vérifiait la teneur des propos", rapporte le journaliste.

L\'armée turque n’a qu’un objectif : montrer qu’elle protège les civils de ceux qu’elle appelle les \"terroristes\", les Kurdes YPG liées au PKK, le parti séparatiste kurde.
L'armée turque n’a qu’un objectif : montrer qu’elle protège les civils de ceux qu’elle appelle les "terroristes", les Kurdes YPG liées au PKK, le parti séparatiste kurde. (GILLES GALLINARO / RADIO FRANCE)