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Projet Pegasus : les explications de Jacques Monin, directeur de la cellule investigation de Radio France, après les révélations de cyberespionnage

Publié Mis à jour
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Projet Pegasus : les explications de Jacques Monin, directeur de la cellule investigation de Radio France, après les révélations de cyberespionnage
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Article rédigé par
J. Monin - franceinfo
France Télévisions

Un consortium international de journalistes, dont Radio France fait partie, a permis de révéler un système massif de cyberespionnage via le logiciel Pegasus. Jacques Monin, directeur de la cellule investigation de Radio France, fait le point, dimanche 18 juillet.

De nouvelles révélations devraient suivre dans les prochains jours après que le Projet Pegasus a été révélé, dimanche 18 juillet. Des États ont détourné ce logiciel espion pour espionner des personnalités diverses. "[Tout] part d'une liste de 50 000 numéros de téléphone [...] dans plusieurs pays qui ont été placés sur une liste de cibles potentielles de Pegasus. Tous n'ont pas été attaqués. Edwy Plenel fait partie des cibles que nous avons approchées au cours de cette enquête. Elles nous ont confié leur téléphone pour que le Security Lab d'Amnesty International puisse les analyser. Il a pu prouver que les téléphones avaient bien été infectés à des dates correspondantes", détaille Jacques Monin, directeur de la cellule investigation de Radio France.

La Hongrie impliquée

L'enquête s'est faite en collaboration entre des journalistes de plusieurs pays. "C'est la force de cette enquête planétaire. Chaque média, dans son pays, a pu approcher un certain nombre de cibles et on a fait des recoupements. Il y a tout un travail d'expertise scientifique en aval", relate Jacques Monin. Des avocats, des sportifs ou encore des médecins dans une cinquantaine de pays sont concernés. "Il va y avoir une série de révélations dans les jours qui viennent. Il y a des personnalités de toutes les catégories socio-professionnelles, poursuit le journaliste. Joseph Breham est un avocat français qui s'occupe d'une personne dont le mari est emprisonné au Maroc, il nous a confié son téléphone et on a pu établir la contamination. Il y a des États dont on peut se dire qu'ils n'ont pas les mêmes canons démocratiques que les nôtres, l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan, le Togo, le Mexique… Mais il y a également la Hongrie. Des journalistes ont été ciblés. Un patron de presse aussi. Un pays au sein même de l'Union européenne qui utilise un logiciel espion pour cibler des personnalités de la société civile."

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