Yémen : une frappe de la coalition contre une prison fait au moins 100 morts

Selon la Croix-Rouge, la coalition menée par l'Arabie saoudite a frappé un centre de détention, faisant de nombreuses victimes.

La prison visée par la frappe de la coalition, le 1er septembre 2019 à Dhamar (Yémen).
La prison visée par la frappe de la coalition, le 1er septembre 2019 à Dhamar (Yémen). (MOHAMMED HAMOUD / ANADOLU AGENCY / AFP)

Une frappe de la coalition emmenée par l'Arabie saoudite sur un centre de détention tenu par les rebelles Houthis a fait plus de 100 morts au Yémen, a estimé dimanche 1er septembre la Croix-Rouge (CICR). La coalition dirigée par Riyad intervient au Yémen depuis 2015 pour soutenir les forces progouvernementales contre les rebelles qui contrôlent de vastes zones de l'ouest et du nord du Yémen, dont la capitale Sanaa depuis 2014.

Dimanche, la coalition a annoncé avoir mené des raids aériens contre une "position militaire où sont stockés des drones et des missiles" dans la ville de Dhamar, dans l'ouest du pays en guerre, selon un communiqué relayé par la chaîne de télévision saoudienne Al-Ekhbariya. Franz Rauchenstein, à la tête du CICR au Yémen, a indiqué à l'AFP depuis Dhamar que "plus de 100 personnes ont été tuées" dans cette frappe.

Des dizaines de milliers de morts depuis 2014

Des équipes médicales du CICR se sont rapidement rendues avec des sacs mortuaires sur le lieu visé, que l'organisation avait visité dans le passé, "un bâtiment universitaire qui a été vidé et utilisé comme un centre de détention pendant un temps", selon Franz Rauchenstein. "Frapper un tel bâtiment est choquant et triste, les prisonniers sont protégés par la loi internationale", a-t-il rappelé. Au moins 40 blessés ont été hospitalisés dans plusieurs hôpitaux de Dhamar, selon lui. Des vidéos obtenues par l'AFP montrent un bâtiment gravement endommagé et plusieurs corps gisant sous les décombres, tandis que des bulldozers déblayent les débris.

Depuis 2014, le conflit au Yémen a fait des dizaines de milliers de morts dont de nombreux civils d'après des ONG, et plongé ce pays – le plus pauvre de la péninsule arabique – dans la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU. Les Houthis comme l'Arabie saoudite et ses alliés sont accusés de violations qui pourraient être considérées comme des crimes de guerre. L'ONU avait placé en 2017 la coalition sur sa liste noire des pays et entités commettant, lors de conflits, des exactions contre des enfants.