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Près de quarante personnes ont été blessées par balles lors de manifestations lundi à l'est et au nord-est de Sanaa

Une vingtaine de manifestants ont été blessés en tentant de prendre d'assaut le siège de la province de Jouf, selon des temoins joints par l'AFP.Et, selon des responsables locaux, des manifestants qui marchaient sur le siège du gouverneur à Marib ont été repoussés par des tirs des forces de l'ordre. Ces tirs ont fait 17 blessés.
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Des manifestants à Sanaa (14 mars 2011) (AFP / Ahmad Gharabli)

Une vingtaine de manifestants ont été blessés en tentant de prendre d'assaut le siège de la province de Jouf, selon des temoins joints par l'AFP.

Et, selon des responsables locaux, des manifestants qui marchaient sur le siège du gouverneur à Marib ont été repoussés par des tirs des forces de l'ordre. Ces tirs ont fait 17 blessés.

C'est la première fois que des incidents violents sont signalés dans des villes situées dans cette région.

Des tirs nourris ont aussi été entendus à Taez, ville importante située à 200 km au sud de Sanaa, selon un témoin cité par Reuters.

Le président yéménite fait face à un mouvement de contestation sans précédent depuis fin janvier mais refuse de céder aux manifestants qui réclament son départ. Dans la capitale, ce week-end, des soldats aidés de véhicules blindés ont tenté d'encercler et de diviser le secteur de l'université où 20.000 opposants campent depuis des semaines.

Un manifestant a été tué dimanche à Aden (sud), au lendemain de la journée la plus meurtrière depuis le début de la contestation. Au total, sept personnes ont été tuées depuis samedi et des centaines d'autres blessées par des tirs sur des manifestants.

Le président Ali Abdallah Saleh a multiplié les gestes d'apaisement, en vain. Au pouvoir depuis 32 ans, il a promis de partir au terme de son mandat, qui se termine en 2013, mais il a exclu de céder aux manifestants, qui réclament sa démission immédiate.

La contestation au Yémen a lieu sur fond d'agitation sécessionniste dans le sud et de rébellion chiite dans le nord, alors que le pouvoir s'articule autour d'une structure tribale puissante.

Paris demande aux Français de quitter le pays
La France a demandé dimanche à ses ressortissants résidant ou séjournant au Yemen de "quitter provisoirement le pays au plus vite" en raison de "la dégradation rapide de la situation sécuritaire (...) marquée par des affrontements de plus en plus violents".

840 résidents français sont enregistrés au Yémen.

Mort d'un écolier de 12 ans
A Moukalla, sur la côte sud-est, un écolier de 12 ans qui participait samedi à une manifestation a été tué par des tirs de la police, et cinq écoliers ont été blessés, a-t-on appris de sources médicales et auprès de témoins.

Estimant que l'instabilité ferait le lit d'Al-Qaïda, déjà bien implanté dans le pays, l'ambassadeur américain à Sanaa a plaidé pour un dialogue entre le pouvoir et l'opposition, qui a épousé les revendications de la rue sur le départ immédiat du président Saleh.

Réactions internationales
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s'est déclaré "très inquiet" de la détérioration de la situation au Yémen et condamné "l'usage excessif de la force" contre "des manifestants pacifiques", avait indiqué samedi son porte-parole Martin Nesirky.

Face à l'escalade, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas ont appelé leurs ressortissants à quitter le Yémen, Londres condamné des "violences inacceptables" et la Haye parlant "d'un risque d'embrasement".

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton a aussi condamné l'usage de la force contre les manifestants et appelé les autorités à répondre aux aspirations du peuple.

Vendredi, l'ONU avait annoncé que 37 militants et au moins six agents de sécurité avaient été tués depuis le début des troubles fin janvier.

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