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Nicolas Hénin, ancien otage de l'Etat islamique, porte plainte après des menaces de morts sur Twitter

L'ancien reporter Nicolas Hénin avait signalé le compte Twitter du père d'une victime du Bataclan qui appelait à fusiller les jihadistes à leur retour en France. Un acte qui lui a valu un déferlement de commentaires menaçants.

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France Télévisions
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L'ancien journaliste Nicolas Hénin, le 5 mars 2015 à Paris. (MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY / AFP)

ll porte plainte contre X pour menaces, menaces de morts et harcèlement moral en ligne. L'ancien reporter Nicolas Hénin a dénoncé, lundi 4 février, à la justice le "déferlement" de menaces et d'insultes qu'il a reçues après avoir signalé le compte Twitter du père d'une victime du Bataclan qui appelait à fusiller les jihadistes à leur retour en France, a annoncé son avocat. "J'appelle à ce que vous vous fassiez égorger", "c'est lui qui mérite l'exécution", "on aurait dû te laisser crever chez Daesh" affirment certains des milliers de messages ciblant depuis une semaine le journaliste. Aujourd'hui spécialisé dans le conseil sur la lutte contre le terrorisme et la radicalisation islamiste, il a été l'otage du groupe Etat islamique pendant dix mois en Syrie en 2013-2014.

Une vague de 18 000 tweets

Ces menaces sont apparues en représailles de son initiative du 30 janvier. Il avait appelé à signaler à Twitter et à la plateforme Pharos (chargée de la lutte contre les contenus illicites sur internet) des tweets publiés ce jour-là par le père d'une victime des attentats du 13-Novembre, Patrick Jardin, à propos du retour envisagé de plusieurs dizaines de jihadistes français détenus par les Kurdes. "Fusillons-les (...) comme Leclerc a fait fusiller les Français de la Waffen SS", "tuons aussi leurs enfants d'ailleurs", avait publié Jardin sur le réseau social, qui avait fini par bloquer son compte. Sur son nouveau compte, ce dernier avait ensuite traité Nicolas Hénin de "petit journaleux délateur gauchiasse" et obtenu des messages de soutien de plusieurs figures du Rassemblement national.

C'est "l'extrême virulence", "la dimension hors-norme de cette vague d'une abjection sans nom" qui l'a incité à porter plainte, a déclaré Nicolas Hénin à l'AFP. Selon lui, un prestataire a relevé 18 000 tweets le mentionnant, "dont une grande majorité de messages hostiles voire menaçants", y compris pour sa famille. "Je suis très remonté contre Twitter, j'ai fait des signalements et aucun n'a été accepté", a-t-il ajouté. Pour son avocat, Maitre Eric Morain, ce sont les agissements d'une "communauté plus ou moins informelle et manipulée qui décide de fondre sur une victime". "Certains ne sont pas sous pseudonymat et devront répondre de cette excitation de la meute", a-t-il conclu. Pour des menaces de mort en ligne, un phénomène en expansion, trois hommes avaient été condamnés en juillet dernier à six mois de prison avec sursis pour le cyberharcèlement de la journaliste Nadia Daam.

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