Syrie : un responsable kurde appelle les Européens, et en particulier la France, à ne pas les "lâcher"

Il souhaite le déploiement d'une force internationale pour protéger les Kurdes d'une éventuelle offensive de la Turquie, alors que les opérations contre le groupe Etat islamique touchent à leur fin.

Des membres des Forces démocratiques syriennes, le 17 février 2019, dans le village de Baghouz, où sont retranchés les derniers combattants de l\'Etat islamique.
Des membres des Forces démocratiques syriennes, le 17 février 2019, dans le village de Baghouz, où sont retranchés les derniers combattants de l'Etat islamique. (RODI SAID / REUTERS)

Les Kurdes syriens exhortent les Européens à ne pas les abandonner une fois le groupe Etat islamique vaincu et à contribuer à la création d'une force internationale dans le nord-est du pays face à la Turquie. Dimanche 17 février, dans un entretien à l'AFP, un de leurs hauts responsables appelle ces pays à ne pas "lâcher" leur alliés.

"Ces pays ont des engagements politiques et moraux. (...) S'ils ne les tiennent pas, ils nous lâchent", avertit Aldar Khalil. Il a appelé en particulier la France, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, à œuvrer en faveur du déploiement d'une force internationale une fois les troupes américaines parties de Syrie.

"La France peut faire une proposition au Conseil de sécurité pour notre protection : elle peut proposer une force internationale entre nous et les Turcs, dont elle fasse partie, ou protéger notre ciel", suggère-t-il.

Des Kurdes affaiblis face à la Turquie

La milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) domine l'alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS), qui s'apprête à proclamer la victoire sur l'Etat islamique. Mais avec le retrait des troupes américaines annoncé par Donald Trump, elle apparaît plus fragile que jamais, face aux menaces d'intervention de la Turquie.

Les Forces démocratiques syriennes assiègent les jihadistes dans une dernière enclave d'un demi-kilomètre carré à Baghouz, près de la frontière irakienne. Elles sont soutenues dans leur offensive par une coalition internationale sous commandement américain qui leur fournit un puissant appui aérien mais ne compte que quelques forces spéciales au sol.