Syrie : "La guerre n'est pas finie" du point de vue "humanitaire", prévient le général Trinquand

Alors que la fin de la guerre en Syrie a été annoncée d'ici la fin du mois de février par Emmanuel Macron, Dominique Trinquand, rappelle qu'il sera "extrêmement difficile de revenir à une situation normale" face aux besoins humanitaires.

Le général Dominique Trinquand, le 14 juillet 2017.
Le général Dominique Trinquand, le 14 juillet 2017. (FRANCEINFO)

Emmanuel Macron a affirmé dimanche dernier que la guerre en Syrie contre Daech serait "gagnée d'ici mi, fin février". Une annonce dont "l'effet peut être terrible", notamment du point de vue "humanitaire", a estimé, mardi 19 décembre sur franceinfo, le général Dominique Trinquand, expert militaire et consultant, ancien chef de la mission militaire française auprès des Nations unies.

"Difficile de revenir à une situation normale"

"On annonce la fin de la guerre contre Daech, mais l'effet peut être terrible parce que tout le monde va penser que la guerre est finie, or la guerre n'est pas finie", a-t-il prévenu. "Dans un pays comme la Syrie, où s'est installée une économie de guerre depuis des années, il va être extrêmement difficile de revenir à une situation que je qualifierais de normale, a expliqué Dominique Trinquand. Et les organisations humanitaires sont un peu otages de cette situation-là, parce qu'elles sont obligées de négocier avec les gens qui tiennent les accès humanitaires."

"Des centaines de millers de personnes piégées"

"Les besoins sont présents partout en Syrie", a complété Valentine Adolphe, de l'ONG Première urgence internationale, évoquant notamment la situation "tragique" de la Ghouta, à l'est de Damas, où "des centaines de milliers de personnes sont piégées". "Il y a aussi de plus en plus de besoins de reconstruction partout dans le pays", a-t-elle souligné.