Syrie : environ 200 corps retrouvés dans une fosse commune à Raqqa

La fosse commune a été découverte début juin, selon les autorités locales. Depuis le début de l'année, plusieurs autres charniers ont été découverts dans le secteur de l'ancienne place forte des jihadistes en Syrie.

Des décombres dans la ville syrienne de Raqqa, le 1er mai 2019.
Des décombres dans la ville syrienne de Raqqa, le 1er mai 2019. (DELIL SOULEIMAN / AFP)

Un charnier contenant environ 200 corps a été découvert près de Raqqa, ancien bastion du groupe Etat islamique (EI) dans le nord de la Syrie, ont déclaré les autorités locales et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), mercredi 3 juillet.

Cinq corps habillés d'une combinaison orange, tenue parfois portée par les otages du groupe terroriste, ont été également retrouvés, selon un responsable local, Yasser Al-Khamees, et l'OSDH. "Ils ont été menottés et abattus d'une balle dans la tête", a déclaré Yasser Al-Khamees, et leur mort remonte à deux ans. Il n'est pas possible d'identifier ces corps dans l'immédiat, précise encore cet homme qui pilote une équipe de secouristes.

Trois corps de femmes, qui semblent avoir été lapidées, ont également été retrouvés, selon les mêmes sources. "Leurs crânes ont subi de graves fractures, avec des marques de lapidation", a expliqué Yasser Al-Khamees.

D'immenses charniers déjà découverts

La fosse commune a été trouvée début juin au sud de la ville de Raqqa. Si 200 corps ont déjà été exhumés, le charnier pourrait contenir au total plus de 800 victimes, d'après Yasser Al-Khamees. Cette découverte pourrait permettre d'identifier des personnes jusque-là portées disparues ou d'éclaircir les circonstances de la mort de milliers d'autres, dont des étrangers capturés par le groupe Etat islamique.

En janvier, toujours près de Raqqa, un charnier renfermant près de 3 500 corps a été découvert. Il s'agit pour l'instant de la plus grande fosse commune imputée aux jihadistes. Huit autres fosses communes ont déjà été recensées autour de cette cité du nord de la Syrie, dont une surnommée "Panorama" et contenant plus de 900 corps exhumés.

Encore des milliers de disparus

Le groupe Etat islamique a contrôlé pendant trois ans Raqqa en y imposant sa propre interprétation de la loi islamique, jusqu'à ce que les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par des combattants kurdes et soutenues par les Etats-Unis, en délogent les derniers jihadistes, le 17 octobre 2017. La reconquête par les FDS en mars dernier du village de Baghouz (Syrie) a marqué la fin du "califat" autoproclamé par ce groupe sur de vastes territoires à cheval entre ce pays et l'Irak voisin. 

>> Irak : l'ONU enquête sur douze charniers imputés au groupe Etat islamique

Quiconque osait violer les règles des jihadistes ou était suspecté de travailler contre eux était emprisonné ou tué. Selon une estimation de l'ONG Human Rights Watch datant d'octobre 2018, entre 3 000 et 5 000 personnes arrêtées par l'EI en Syrie et en Irak sont encore portées disparues.