Les femmes jihadistes se racontent sur les réseaux sociaux

Le JDD et le site Buzzfeed se sont penchés sur la façon dont les jeunes femmes parties en Syrie faire le jihad utilisent les réseaux sociaux. 

Des femmes dans les rues de Raqqa, en Syrie, le 31 mars 2014. 
Des femmes dans les rues de Raqqa, en Syrie, le 31 mars 2014.  (REUTERS )

Les réseaux sociaux sont un outil très efficace de recrutement des jeunes jihadistes. Ils sont d'ailleurs particulièrement surveillés dans le cadre de la lutte contre les réseaux de jeunes jihadistes. Endoctrinements, recrutements... Twitter ou Facebook sont également utilisés après de départ pour la Syrie, rappelle le Journal du Dimanche, dimanche 14 septembre. L'hebdomadaire se penche notamment sur le cas de jeunes Françaises parties pour faire le jihad. Leurs confessions en ligne permettent d'en savoir plus sur leur quotidien et leurs motivations. 

Le départ : "La hijra est un acte obligatoire...."

Le Journal du Dimanche évoque le cas d'une jeune mère de deux enfants se présentant sur Facebook sous le pseudonyme "Eprise de liberté". Elle aurait quitté la région lyonnaise pour Raqqa, en Syrie. Pour expliquer sa démarche auprès de ses contacts sur le réseau social, elle explique que la hijra, l'installation en terre d'Islam, "est obligatoire" pour les musulmans. Elle invite alors les jeunes femmes à opter pour ce choix, proposant de la "contacter en privé", pour en discuter, à la manière d'un recruteur. 

Aqsa Mahmood a quitté l'Ecosse pour la Syrie fin 2013. Le site Buzzfeed (lien en anglais) a depuis retracé l'activité en ligne de la jeune femme. Sur Twitter, elle indique avoir préparé son départ avec d'autres candidates, rencontrées en ligne. 

"Les femmes de l'Etat islamique semblent avoir constitué un réseau à travers les réseaux sociaux, qu'elles utilisent pour échanger et recruter d'autres femmes", explique Buzzfeed. 

Le mariage : "Ce n'est qu'après avoir épousé un moudjahidine que tu réalises comme cela est gratifiant"

Facebook, Tumblr, Instagram, Twitter... Les candidates au jihad utilisent également les réseaux sociaux pour rencontrer leur futur époux.  Les mariages se font alors "soit en France, entre candidats hommes et femmes au jihad sur le point de partir. Soit de Syrie où des Françaises, installées, épouses de moudjahidines font le lien entre les candidates au départ et les prétendants déjà sur place, en postant notamment des petites annonces de promesses de mariage via les réseaux sociaux comme Facebook", expliquait à Elle David Thomson, auteur d'une enquête intitulée Les Français jihadistes. "Ces femmes recherchent également, par ce biais, des coépouses à leurs maris. On constate une très forte prédication des femmes pour le jihad sur Internet", poursuivait-il. 

Cité par le JDD, le frère de Sarah, une adolescente de 17 ans partie de France pour la Syrie, explique qu'elle serait aujourd'hui mariée. Sur Twitter, Aqsa Mahmood faisait état en mai de sa joie d'avoir épousé un combattant. 

D'autres jeunes femmes, toujours citées par Buzzfeed, expliquent quant à elles que les femmes ne combattent pas, mais se doivent de trouver un mari qui officie au sein de l'Etat islamique. "La vie n'est pas comme en occident, où vous pouvez vous déplacer facilement et conduire toute seule pour aller au supermarché", met en garde l'une d'entre elle sur son blog, cité par le site d'information. Elle conseille donc aux jeunes femmes n'ayant pas de famille en Syrie de se marier au plus vite. 

La guerre : "victoire ecrasante c juste magnifik"

 Les réseaux sociaux permettent également de raconter le quotidien de la guerre. Le JDD relève cependant que le témoignage d'Eprise de liberté n'y fait que très peu d'allusion : "Les frères rentre tt plins de Allahu akbar... après une.victoire ecrasante c juste magnifik" (sic), raconte-t-elle un jour sur Facebook. 

Ces jeunes femmes de l'Etat islamique utilisent notamment les réseaux sociaux pour glorifier les actions des jihadistes. Ainsi, une Britannique installée en Syrie et ayant adoptée le surnom "Jihadi Jane", se félicite dans un tweet de la mort du journaliste James Foley par décapitation : "Si cela ne vous apporte pas de réconfort et de baume au cœur alors allez consulter". Mahmood partage la même haine à l'encontre des journalistes occidentaux. "Ils sont tellement agaçants, pas étonnant qu'ils se fassent enlever", écrit-elle.