Gérard Collomb assigné en justice pour "atteinte à la présomption d'innocence" après le placement en détention d'un Irakien pour crime de guerre

L'audience aura lieu le 6 juillet prochain, a indiqué, à franceinfo, l'avocat de l'Irakien Ahmed Hamdane, récemment placé en détention pour crime de guerre.

Le ministre de l\'Intérieur Gérard Collomb, à la sortie d\'un conseil des ministres, le 12 juin 2018, à Paris.
Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, à la sortie d'un conseil des ministres, le 12 juin 2018, à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb est assigné devant le tribunal de grande instance de Paris pour "atteinte à la présomption d'innocence" par l'avocat de l'Irakien Ahmed Hamdane, récemment placé en détention pour crime de guerre, a appris franceinfo, mercredi 20 juin. Maître Mohamed el Monsaf Hamdi, a indiqué à franceinfo que l'audience avait été fixée au 6 juillet prochain à 11 heures.

"M. Gérard Collomb a affirmé, sans attendre la fin de l'instruction et sans qu'il y ait de jugement définitif, que mon client est un cadre de Daech et qu'il a commis des crimes abominables, c'est pour cela que je tiens à dire que mon client a droit au respect de la présomption d'innocence", a précisé sur franceinfo Me Mohamed Hamdi, l'avocat de l'Irakien Ahmed Hamdane.

Cet Irakien réfugié en France a été mis en examen le 9 mars dernier des chefs d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste, association malfaiteur terroriste en vue de commettre des crimes d'atteintes aux personnes, crimes de guerre par atteinte à la vie, crimes de guerre par traitements inhumains et dégradants, crimes de guerre par l'usage de moyens et de méthodes de combats prohibés et participation à un groupement formé en vue de préparer des crimes de guerre.

Soupçonné d'être un haut cadre de Daech

Soupçonné d’être un haut cadre dirigeant présumé de Daech, il avait été placé en détention provisoire conformément aux réquisitions du parquet de Paris, à la suite de sa mise examen. Ahmed Hamdane est suspecté, par les autorités irakiennes qui ont d'ailleurs ouvert une procédure judiciaire à son encontre, d'avoir participé en juin 2014 au massacre de 1 700 personnes à proximité de Tikrit et d'avoir administré la région de Samarra pour le compte de Daech.

Ahmed Hamdane était suivi par la DGSI depuis l'été 2017. Les autorités irakiennes avaient alerté la coalition militaire internationale et la France sur la possible présence en Europe de cet homme parti d’Irak fin 2014 et que l'on avait, à tort, donné pour mort. En juin 2017, il obtient le statut de réfugié politique auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), une carte de résident de 10 ans.

Une notice rouge Interpol déclenche alors l'action des renseignements et de la justice. Le trentenaire a ensuite été interpellé le 6 mars à Lisieux (Calvados). Il a nié en garde à vue être un ancien cadre dirigeant de Daech. Sous la surveillance de la DGSI cet homme n'a eu aucune activité terroriste depuis qu'il est sur le territoire français, selon une source au sein des services de renseignement.