Le Pentagone accusé de détenir illégalement un combattant américain de l'Etat islamique

Une association américaine, l'ACLU, demande au secrétaire à la Défense James Mattis de donner des informations sur un Américain qui semble être détenu par l'armée en Irak. L'ACLU souhaite qu'il soit jugé par des tribunaux civils.

Le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, lors d\'une rencontre avec des militaires américains à Kandahar (Afghanistan), le 28 septembre 2017.
Le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, lors d'une rencontre avec des militaires américains à Kandahar (Afghanistan), le 28 septembre 2017. (JETTE CARR / DOD / AFP)

L'association américaine de défense des libertés ACLU a appelé le gouvernement, vendredi 29 septembre, à dévoiler des renseignements sur l'arrestation d'un combattant américain de l'organisation Etat Islamique (EI). Dans une lettre adressée au secrétaire américain à la Défense Jim Mattis, Anthony Romero, le directeur de l'ACLU, demande que cet Américain ne soit pas catégorisé comme un "combattant ennemi". L'administration Bush avait créé ce statut après le 11-Septembre pour pouvoir emprisonner les suspects accusés de terrorisme et arrêtés à l'étranger, sans s'embarrasser des protections conférées par la loi américaine.'

"Ses droits constitutionnels doivent être respectés"

L'ACLU a également exprimé son souhait de voir cet Américain, qui semble être détenu en Irak, jugé par des tribunaux civils. "Si les rapports sur ce citoyen américain sont vrais, sa détention dans un centre militaire est illégale au regard de la loi, et ses droits constitutionnels, à un avocat et à la prise en compte de la procédure de l'Habeas Corpus, doivent être respectés, a écrit Anthony Romero. Si le gouvernement a des raisons légitimes de penser que ce citoyen a combattu avec l'EI, il devrait être renvoyé devant le système judiciaire fédéral américain, pour être inculpé."

Le Pentagone a confirmé, le 14 septembre, que les Etats-Unis détenaient prisonnier un de leur citoyen, qui combattait pour l'EI avant de se rendre aux Forces démocratiques syriennes, soutenues par Washington. Un porte-parole du Pentagone a expliqué, vendredi, que le Comité international de la Croix-Rouge avait été invité à rencontrer le prisonnier. "En attendant, il reste sous la garde du département de la Défense", a-t-il ajouté.