Des familles de jihadistes capturés en Syrie portent plainte contre les autorités françaises pour détention arbitraire et demandent leur rapatriement

"Le Kurdistan syrien n'ayant aucune existence légale et ne disposant par là même d'aucune institution souveraine, ces femmes et ces enfants sont tous détenus sans droit ni titre", affirment les avocats de ces familles dans un communiqué. 

Des Syriens au milieu des décombres dans la ville de Raqqa en Syrie, le 11 janvier 2018.
Des Syriens au milieu des décombres dans la ville de Raqqa en Syrie, le 11 janvier 2018. (DELIL SOULEIMAN / AFP)

Des avocats de femmes et d'enfants de jihadistes français récemment capturés par les forces kurdes en Syrie ont annoncé, mercredi 17 janvier, le dépôt d'une plainte contre les autorités françaises pour "détention arbitraire" et "abus d'autorité".

"Ces femmes parties sur zone font l'objet de poursuites judiciaires en France" et "acceptent de faire face à leur responsabilité pénale dès leur arrivée sur le territoire français", notent les avocats Marie Dosé, William Bourdon, Martin Pradel et Marc Bailly dans un communiqué. Mais le gouvernement français a indiqué qu'il souhaitait qu'elles soient jugées par "les autorités locales" kurdes si les conditions le permettent.

Aucune existence légale du Kurdistan

"Le Kurdistan syrien n'ayant aucune existence légale et ne disposant par là même d'aucune institution souveraine, ces femmes et ces enfants sont tous détenus sans droit ni titre", affirment les avocats. "Par leur inertie délibérée", les autorités françaises "contribuent à la poursuite de ces détentions arbitraires" et "exposent en outre ces mères et ces enfants à des risques évidents, notamment sur le plan sanitaire, dans une zone de conflit", ajoutent-ils, demandant au parquet de Paris de diligenter une enquête préliminaire.

Une quarantaine de jihadistes français adultes, autant d'hommes que de femmes, accompagnés d'une vingtaine d'enfants, ont été arrêtés en zone irako-syrienne, dont la grande majorité par les forces kurdes en Syrie, d'après une source proche du dossier en France. Début janvier, une jeune femme de 22 ans a demandé à Emmanuel Macron son transfert en France avec ses deux enfants, âgés de 10 mois et de deux ans, pour "répondre de ses actes".