Daech en Irak : "Mossoul ne sera libérée que s'il y a un engagement terrestre"

Les préparatifs s'accélèrent pour la reprise de Mossoul, bastion de Daech en Irak. Kamal Redouani, journaliste et auteur d'un ouvrage sur l'organisation terroriste, a estimé sur france info samedi 1er octobre, que la ville serait difficile à libérer sans une intervention au sol.   

Les forces irakiennes, ici à Qayyara en août 2016, préparent les opérations pour tenter de reprendre à Daech la ville de Mossoul
Les forces irakiennes, ici à Qayyara en août 2016, préparent les opérations pour tenter de reprendre à Daech la ville de Mossoul (LAURENCE GEAI/SIPA)

La coalition internationale se prépare à la bataille de Mossoul, le fief de Daech en Irak. La France a positionné le porte-avions Charles-de-Gaulle et des avions Rafale devraient participer à cette bataille. Mossoul constitue un objectif symbolique pour la coalition, mais la ville sera difficile à libérér, a expliqué sur franceinfo Kamal Redouani, journaliste, auteur du livre "Inside Daech", aux éditions Arthaud.

franceinfo : que représente Mossoul pour Daech ?

Kamal Redouani Mossoul est la capitale de Daech en Irak. C'est la ville où Al-Baghdadi avait proclamé la naissance de Daech. C'est un lieu vraiment symbolique puisque c'est le centre du pouvoir de Daech. Mossoul est une ville sunnite. Al-Baghdadi a utilisé l'opposition entre chiites et sunnites à Mossoul et il a réussi à mettre la main sur la deuxième grande ville irakienne. La population de Mossoul n'est pas majoritairement ralliée à Daech. Mais au départ, il y avait un lien entre ceux qui s'opposaient aux chiites, ceux qui s'opposaient à Nouri al-Maliki, qui était à l'époque le chef du gouvernement irakien. Mossoul représentait la résistance à la présence chiite, à la mainmise des chiites sur l'Irak. Mossoul est donc une ville symbolique qui représente cette résistance et la fierté des sunnites irakiens.

La prise de Mossoul s'annonce-t-elle difficile ?

Mossoul ne sera libérée que s'il y a un engagement terrestre. A Syrte, en Libye, la bataille se déroule au sol, c'est une guerre urbaine. Quand on mène une guerre dans une ville où il y a entre deux et trois millions d'habitants, il est très difficile d'avancer. Il faut progresser rue par rue, il y a beaucoup de pertes humaines. La victoire dans une ville est difficile, malgré les frappes aériennes. C'est bien l'engagement terrestre qui pourra libérer la ville.

La chute de Mossoul signifierait-elle la fin de Daech en Irak ?

La chute de Mossoul signifierait que Daech a perdu le centre de son pouvoir. Mais Daech, c'est comme Al-Qaïda à l'époque : les membres vont s'éparpiller. Ils commettent déjà des attentats en plein centre de Bagdad. Ils vont s'organiser comme l'a fait Al-Qaïda. Et la fin du territoire de Daech, ce n'est pas la fin de l'idéologie, ce n’est pas la fin de ces organisations qui vont devenir clandestines qui vont tenter de commettre des attentats un peu partout dans le monde. Et puis il y a aussi Daech en Syrie, il y a Raqqa, qui est la capitale de Daech en Syrie. Ce sont les deux grandes villes qui sont symboliques pour Daech.

"Mossoul ne sera libérée que s'il y a un engagement terrestre", selon Kamal Redouani, journaliste, auteur du livre "Inside Daech"
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