Libération de Mossoul : Amnesty dénonce de "graves violations du droit international humanitaire" et des "crimes de guerre"

Un rapport d'Amnesty International publié mardi dénonce les méthodes employées par les forces irakiennes et la coalition internationale dans la bataille de Mossoul, libérée des jihadistes de l'Etat islamique.

A mesure que les combats s\'approchaient, les civils étaient enfermés dans des maisons et privés d\'accès à la nourriture ou à l\'assistance médicale.
A mesure que les combats s'approchaient, les civils étaient enfermés dans des maisons et privés d'accès à la nourriture ou à l'assistance médicale. (AHMAD GHARABLI / AFP)
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franceinfoRadio France

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Le Premier ministre irakien Haider Al-Abadi a confirmé lundi la victoire de la coalition face aux jihadistes du groupe Etat islamique avec la reprise de la ville irakienne de Mossoul. Au lendemain de cette visite, un rapport d'Amnesty International publié mardi 11 juillet dénonce la manière forte employée par les forces irakiennes et la coalition internationale, emmenée par les Etats-Unis. "C'est inacceptable. Cela pourrait constituer des crimes de guerre", a affirmé à franceinfo Nina Walsh, chargée de campagne pour Amnesty International. "Il y a des graves violations du droit international humanitaire", assure-t-elle.

"Pas adapté" à la réalité de Mossoul-Ouest

Selon l'organisation de défense des droits de l'Homme, "les forces irakiennes et celles de la coalition ont utilisé des armes explosives et imprécises qui ont tué des milliers de civils". Pour Nina Walsh, la coalition et le gouvernement irakien ont utilisé "des roquettes non guidées, improvisées, des armes qui ont un grand champ d'action". Selon elle, la tactique n'a pas été adaptée "à la réalité de Mossoul-Ouest". Par ailleurs, Amnesty déplore qu'aient été utilisées des munitions artisanales confectionnées à partir de bonbonnes de gaz, capable de provoquer d'importants dégâts dans des zones denséments peuplées.

L'ONG note que les jihadistes de l'Etat islamique se sont rendus coupables des mêmes types de violations, notamment en utilisant des civils comme boucliers humains afin de ralentir l'offensive des troupes gouvernementales.