Démission du gouvernement libanais : "Sans changement de loi électorale, il n'y aura pas de changement positif dans la société", selon un responsable d'ONG

Georges Haddad, directeur de l'ONG ALEF de défense des droits humains au Liban, estime que la démission du gouvernement libanais n'ouvrira pas une ère nouvelle pour le pays.

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Radio France
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Le Premier ministre libanais Hassan Diab tend la démission de son gouvernement au président Michel Aoun à Beyrouth, le 10 août 2020. (AFP PHOTO / HO / DALATI AND NOHRA)

"Sans changement de structure politique, sans changement de loi électorale, on ne verra pas vraiment un changement positif dans la société libanaise", a déclaré lundi 10 août sur franceinfo Georges Haddad, directeur de l’ONG libanaise ALEF, qui œuvre pour la protection des droits humains. Il estime que la démission du gouvernement libanais n'ouvrira pas une ère nouvelle, mais qu'il "y a un jeu politico-politique qui se trame derrière les portes".

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"Cette chute du gouvernement est le résultat, d'un côté, d'une contestation populaire mais aussi d'une pression énorme des partis politiques traditionnels qui sont les parrains de ce gouvernement. Le gouvernement a été lâché, on peut même dire qu'il a été complètement torpillé. On voit très bien que c'est un bouc émissaire", estime Georges Haddad.

La société civile n'est pas la vraie gagnante après la démission du gouvernement

"La loi électorale favorise les partis traditionnels, elle ne laisse pas vraiment la place à l'opposition ou à la société civile de percer. La structure du système politique est telle qu'elle a conditionné le pays pour renforcer des partis traditionnels", analyse le militant. Pour lui, ce n'est pas la société civile qui est la vraie gagnante à l'issue de cette démission. "Tous les partis traditionnels, l'establishment politique libanais est gagnant, nous allons vraisemblablement vers de nouvelles élections, au moins la nomination d'un Premier ministre qui va devoir mettre en place un gouvernement d'union nationale, ce qui veut dire répéter l'histoire, depuis des années on voit la même chose."

Il demande une enquête internationale indépendante sur la double explosion

Georges Haddad se montre également pessimiste quant à la recherche des responsables de l'explosion sur le port de Beyrouth. "Nous demandons, comme toutes les ONG, une enquête internationale indépendante parce qu'on n'a pas confiance dans les autorités libanaises pour produire une enquête et se juger eux-mêmes. Ce qu'on attend c'est vraiment de la justice, que les responsables paient le prix fort pour cette négligence cette irresponsabilité. Mais au Liban, les têtes tombent rarement, on ne se fait pas trop d'illusion."

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