VIDEO. Il était 18h10 à Beyrouth, quand la ville a sombré dans le chaos

Un stock de 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium, entreposé au port, serait à l’origine de la catastrophe.

France 2

Un habitant de Beyrouth (Liban) filme un nuage de fumée, mardi 4 août, quand une importante explosion fait basculer la ville dans le chaos. Il est 18h10. Les habitants ont d’abord été attirés à leurs fenêtres par une première explosion et un gigantesque incendie sur le port. Dans les rues, de nombreux habitants filment la scène, loin de s’imaginer que le pire est sur le point d’arriver.

La déflagration est d’une violence inouïe et des voitures sont balayées par le souffle. En pleine messe, le toit d’une église s’effondre. En quelques secondes, la séance photo d’une mariée vire au cauchemar. Un autre habitant est surpris dans son sommeil : "Je suis sorti, j’ai regardé vers le ciel, et là, une explosion. Le souffle m’a projeté à l’intérieur et j’ai trouvé ma femme en sang, blessée à la tête, sur tout le corps."

Au moins 137 personnes sont mortes et plus de 5 000 ont été blessées, selon un bilan encore provisoire. Les équipes de sauvetage libanaises, elles, continuent de rechercher d'éventuels survivants au milieu de cette "zone de guerre", comme la nomme le maire Jamal Itani.

"Le souffle m’a projeté à l’intérieur"

Les dégâts dépassent l'entendement : au moins 250 000 Beyrouthins se trouvent désormais sans domicile, selon le ministre de la Santé, Hamad Hassan. L'explosion a également détruit les silos du port, dans lesquels étaient stockés quelques 120 000 tonnes de céréales, et elle a dévasté le principal point d'entrée des importations au Liban.

Le président Michel Aoun a déclaré que 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium, un produit chimique utilisé pour fabriquer des engrais mais aussi des explosifs, étaient stockés dans le port depuis six ans sans mesures particulières de sécurité, une situation qu'il a jugée "inacceptable". Le gouvernement libanais a décrété l'état d'urgence pour deux semaines à Beyrouth, dont la sécurité a été confiée à l'armée.

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Les ruines du port de Beyrouth (Liban), le 5 août 2020.
Les ruines du port de Beyrouth (Liban), le 5 août 2020. (ANWAR AMRO / AFP)