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Les forces du Conseil national de transition, le nouveau pouvoir en Libye, ont pris jeudi le contrôle de la Vallée Rouge

Cette victoire les rapproche de Syrte, un des derniers fiefs pro-Kadhafi, a indiqué à l'AFP un commandant pro-CNT sur le front. La Vallée rouge, à 60 km à l'est de Syrte, restait l'une des principales lignes de défense des partisans de Kadhafi dans ce secteur.Par ailleurs, le procureur de la CPI demande à Interpol une "notice rouge" contre Kadhafi.
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Le colonel Khadafi célébrant le 34e anniversaire de l'établissement du "pouvoir des masses" à Tripoli le 2 mars 2011 (AFP / Antoine Lambroschini)

Cette victoire les rapproche de Syrte, un des derniers fiefs pro-Kadhafi, a indiqué à l'AFP un commandant pro-CNT sur le front. La Vallée rouge, à 60 km à l'est de Syrte, restait l'une des principales lignes de défense des partisans de Kadhafi dans ce secteur.

Par ailleurs, le procureur de la CPI demande à Interpol une "notice rouge" contre Kadhafi.

Le Conseil national de transition (CNT), issu de la rébellion et qui contrôle la majeure partie du pays, a cependant annoncé jeudi que la bataille pour la "libération" du pays n'était pas finie". "Nous faisons encore face au plus grand défi", a affirmé le numéro deux du CNT Mahmoud Jibril à Tripoli où il est arrivé mercredi pour la première fois depuis la chute, en août, de la capitale libyenne aux mains de combattants anti-Kadhafi.

De son côté, le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen, a réaffirmé jeudi que l'OTAN, qui poursuit ses frappes aériennes mais avec une cadence beaucoup plus faible, poursuivra ses opérations "tant que subsistera une menace" des forces loyales à Kadhafi.

Après les progrès des rebelles dans la vallée rouge, des troubles ont éclaté dans les faubourgs de Harawa (à une cinquantaine de kilomètres de Syrte). Ces combats ont fait 19 tués, dont 15 dans les rangs des pro-Kadhafi, selon le commandant pro-CNT Sélim Nabouss.

Des dizaines de véhicules transportant des combattants anti-Kadhafi se félicitaient à la sortie de la Vallée rouge, célébrant leur "victoire".

L'enjeu pour eux est de se positionner au plus près de Syrte, région natale du dirigeant en fuite. Déjà, des milliers d'entre eux ont pris position le long de la ligne de front dans l'attente de cette offensive.

Mahmoud Jibril, le N°2 du CNT, appelle à l'unité
M. Jibril, le plus haut responsable du CNT à visiter Tripoli depuis la fuite de Kadhafi il y a deux semaines, a aussi mis en garde contre des luttes politiques prématurées entre les parties libyennes qui pensent, selon lui, que le pays a déjà été libérée. Il a appelé les Lybiens, notamment les jeunes, à l'unité et à ne pas "exclure l'autre".

Il s'est donner comme priorité d'"achever la bataille de la libération et de bâtir un Etat civil et démocratique qui n'exclut personne".

M.Jibril a indiqué que "dans le Sud, certaines villes sont encore assiégées (par des pro-Kadhafi), le sort de Bani Walid et de Syrte n'a pas été réglé", mettant en garde contre un triomphalisme prématuré.

Interpol et Kadhafi
La "notice rouge" vise aussi son fils Seif Al-Islam et son beau-frère Abdallah Al-Senoussi, qui font l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI, a annoncé jeudi son bureau.

"Le procureur de la Cour pénale internationale Luis Moreno-Ocampo demande à Interpol d'émettre une notice rouge pour arrêter Mouammar Kadhafi pour des crimes contre l'humanité présumés, à savoir meurtre et persécution", a indiqué le bureau du procureur dans un communiqué. "L'arrestation de Kadhafi est une question de temps", souligne le magistrat dans un communiqué.

La CPI avait émis le 27 juin des mandats d'arrêt contre Mouammar Kadhafi, 69 ans, son fils Seif Al-Islam, 39 ans, et son beau-frère et "bras droit", le chef des services du renseignement libyens, Abdallah Al-Senoussi, 62 ans.

Par ailleurs, un proche de Mouammar Kadhafi, le général libyen Khouildi Hamidi, a été empêché de quitter la Tunisie depuis l'aéroport international de Carthage Tunis, a déclaré jeudi à l'AFP une source gouvernementale sans préciser si l'officier a été arrêté. Il est l'un des compagnons et des serviteurs fidèles de Kadhafi qui avaient participé au coup d'Etat de 1969. Le 20 juin, la maison de cet ancien patron des renseignements militaires avait été visée par un raid de l'OTAN à Sorman, à 70 km à l'ouest de Tripoli, faisant, selon les autorités libyennes de l'époque, 15 morts dont 3 enfants.

Kadhafi se manifeste
Un peu plus tôt, jeudi, lors d'un appel sur une chaîne syrienne, Mouammar Kadhafi a promis la défaite aux ex-rebelles libyens et à l'Otan. Alors que les derniers bastions de Kadhafi sont assiégés par les forces du nouveau régime, à quelques jours de l'expiration samedi de l'ultimatum fixé aux forces pro-Kadhafi pour se rendre à Sebha, Syrte et Bani Walid, l'ex-leader libyen traqué de toutes parts a démenti s'être enfui au Niger dans un nouveau message sonore diffusé par Arraï TV.

La chaîne de télé arabe, basée à Damas, a affirmé que l'appel du dirigeant libyen provenait du territoire libyen. "Les jeunes sont maintenant prêts à intensifier la résistance contre les 'rats' (rebelles) à Tripoli et à achever les mercenaires", a ajouté Mouammar Kadhafi. "Il ne leur reste plus que la guerre psychologique et les mensonges. Ils ont dit dernièrement qu'on a vu Kadhafi dans un convoi vers le Niger", a ajouté l'ancien homme fort de la Libye dans son premier message depuis plusieurs jours, avant d'ironiser: "Combien de convois de contrebandiers, de marchandises et de gens entrent dans le désert chaque jour vers le Soudan, le Tchad, le Mali ou l'Algérie. Comme si c'était la première fois qu'un convoi traverse vers le Niger !"

S'adressant aux Libyens, l'ancien homme fort du pays a ajouté: "Ils veulent affaiblir votre moral, ne vous occupez pas de cet ennemi faible et ignoble."

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