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Les forces de sécurité syriennes ont ouvert le feu samedi sur la foule venue participer aux obsèques de manifestants

La police a tiré à balles réelles et a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les milliers de personnes qui scandaient des slogans en faveur de la liberté près de la mosquée d'Omari, dans le vieux quartier de Deraa (sud de la Syrie), selon des témoins.Pour la seule journée de vendredi, des ONG ont répertorié 28 morts: 26 à Deraa, 2 à Horms.
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Images d'incidents à Deraa, diffusées par la télévision syrienne (8/4/2011) (AFP / TV syrienne)

La police a tiré à balles réelles et a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les milliers de personnes qui scandaient des slogans en faveur de la liberté près de la mosquée d'Omari, dans le vieux quartier de Deraa (sud de la Syrie), selon des témoins.

Pour la seule journée de vendredi, des ONG ont répertorié 28 morts: 26 à Deraa, 2 à Horms.

Les ONG ont dans un premier temps annoncé que ce bilan de 26 morts à Deraa concernait la journée de samedi, avant de publier un rectificatif.

Deux autres personnes ont été tuées par balles vendredi lors de manifestations dans le gouvernorat de Homs, dans le centre-ouest de la Syrie, selon une ONG.

Des violences sont survenues vendredi lors de manifestations anti-gouvernementales à Deraa, ville rurale de 85.000 habitants à 100 km au sud de Damas, et lieu phare de la contestation au régime de Bachar al-Assad, où des milliers de personnes avaient manifesté contre le régime.

Parmi les ONG, qui disent avoir la liste nominative des 28 tués de Deraa et Homs, figurent notamment l'Organisation nationale des droits de l'Homme, le comité kurde pour les droits de l'Homme (Rassed) et le comité de défense des libertés démocratiques et des droits de l'Homme en Syrie.

Le ministère syrien de l'Intérieur a fait, lui, état de 19 policiers et membres des forces de l'ordre tués et 75 blessés par des tirs à balles réelles de "groupes armés". Le gouvernement a averti, dans la nuit de vendredi à samedi, que les forces de sécurité réagiraient désormais durement face à ceux qu'il qualifie de "comploteurs, poussés par des parties étrangères".

"Nous avons constaté l'usage intense de balles réelles, de gaz lacrymogènes et d'un autre gaz qui provoque des évanouissements", a indiqué Ammar Qourabi, président de l'Organisation nationale des droits de l'Homme à propos de la répression de vendredi. "Des membres des services de sécurité habillés en civil ont ouvert le feu pour disperser les manifestants après la prière", avait dit auparavant un militant joint au téléphone à Deraa.

Plusieurs milliers de personnes ont également manifesté vendredi à Banias (ouest) et un millier à Tal (20 km au nord de Damas), selon Abdel Karim Rihaoui, qui dirige la Ligue syrienne de défense des droits de l'Homme.

Barack Obama "condamne fermement" les violences
Le président des Etats-Unis Barack Obama a condamné "fermement" les violences commises par le gouvernement en Syrie et "tout usage de la violence" par des manifestants après une journée de vendredi particulièrement meurtrière dans ce pays en proie à la contestation.

Onze ans après son accession au pouvoir, le président Bachar al-Assad est confronté depuis la mi-mars à un mouvement de contestation sans précédent dans l'histoire moderne de la Syrie, où l'état d'urgence est en vigueur depuis le coup d'Etat du parti Baasiste en 1963.

Manifestations aussi au nord, en zone kurde
Par ailleurs, près de 7000 personnes ont manifesté vendredi dans cinq localités du nord de la Syrie, dans les zones kurdes, en faveur de l'abolition de la loi d'urgence et de la libération des détenus, a affirmé vendredi un militant kurde des droits de l'Homme. Selon lui, les manifestants scandaient notamment "Ni arabes, ni Kurdes, unité nationale".

Ces manifestations ont lieu au lendemain d'un décret du chef de l'Etat Bachar al-Assad qui a mis fin à un contentieux d'un demi-siècle en naturalisant des dizaines de milliers de Kurdes.

Selon l'organisation Human Rights Watch (HRW), qui se base sur des témoignages de manifestants, "au moins huit manifestants, voire peut-être 15" avaient été tués le vendredi 1er avril à Douma, "lorsque des hommes vêtus en civil ont ouvert le feu sur un rassemblement anti-gouvernemental". Selon de nombreux protestataires, les tirs semblaient être le fait des forces de sécurité. Les autorités, quant à elles, ont rejeté la responsabilité des tirs sur des "bandes armées", sans plus de précision.

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