Témoignage "J'ai du mal à absorber ce niveau de destructions" : face à la guerre, l'émotion d'une militante pacifiste israélienne

Rares sont les voix pacifistes en Israël comme celle de Yael Treidel. Cette activiste israélienne, qui a perdu deux amies dans l'attaque du Hamas, milite pour la paix entre Israël et les Palestiniens.
Article rédigé par Valentin Dunate
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Un drapeau israélien à Jérusalem. (AHMAD GHARABLI / AFP)

La prolongation de la trêve entre Israël et le Hamas est effective depuis lundi 27 novembre et pourrait s'étendre encore, mais un mot est encore très loin des discussions : la paix. Les militants pacifistes n'ont aucune place dans les médias israéliens.

Franceinfo a rencontré l'une de ces voix : Yael Treidel. Quand on arrive chez elle, à une heure de route de Tel-Aviv, on comprend immédiatement que des femmes et des paroles comme les siennes sont devenues très rares en Israel.

"En compatissant avec les gens qui meurent à Gaza, les Israéliens pensent que je suis du côté du Hamas, ce qui n'est pas le cas."

Yael Treidel

à franceinfo

"J'aimerais vous dire que nous sommes nombreux, mais ce n'est pas le cas", déplore cette activiste. "Pour beaucoup de monde, quand il y a tant de souffrance, c'est difficile de ressentir la souffrance de l'autre." Yael Treidel sait de quoi elle parle : elle a perdu deux amies, deux militantes de la paix assassinées par le Hamas le 7 octobre.

Elle garde malgré tout des liens avec un ami à Gaza. "C'est très très difficile là-bas. Ils se battent pour la nourriture, pour l'eau. Il a perdu plein de membres de sa famille, de ses amis, c'est difficile." Yael ne souhaite pas que nous enregistrions un échange entre elle et son ami gazaoui, une bulle de paix qu'ils se créent de temps en temps. "Cela pourrait lui poser des problèmes avec le Hamas. Je ne veux pas le mettre en danger."

Les chiffres du Hamas "sont assez proches de la vérité"

Cette femme est l'une des seules en Israël à estimer que les chiffres donnés par le Hamas, qui parle de près de 15 000 morts, sont plutôt fiables. "L'histoire montre qu'habituellement les chiffres qu'ils donnent sont assez proches de la vérité", affirme-t-elle. "Et la chose la plus horrible, c'est que 70% sont des femmes et des enfants, cela n'a jamais été aussi élevé. Cela me perturbe beaucoup et c'est une raison supplémentaire pour moi de mettre fin à cette guerre parce que, oui, j'ai du mal à absorber ce niveau de destructions."

Pour Yael, les deux peuples ont besoin de l'aide mondiale pour arriver à un accord politique. Le gouvernement actuel lui semble bien loin de ses préoccupations.

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