"Nous ne pouvons rien faire pour aider Gaza" : dans la partie arabe de Jérusalem, les affrontements meurtriers de lundi sont une blessure de plus

Le conflit israélo-palestinien a connu lundi sa journée la plus meurtrière depuis quatre ans. À Jérusalem-Est, la partie arabe de la ville, les Palestiniens témoignent de leur tristesse et de leur colère à l’égard de l’État Hébreu.

Dans la vieille ville, des habitants assis le 15 mai 2018 devant des magasins fermés lors de la grève générale en solidarité avec les Palestiniens tués la veille dans la bande de Gaza.
Dans la vieille ville, des habitants assis le 15 mai 2018 devant des magasins fermés lors de la grève générale en solidarité avec les Palestiniens tués la veille dans la bande de Gaza. (HAZEM BADER / AFP)

"Ce pays est au-dessus des lois, soupire Ahmed, qui a passé sa journée vissé devant les chaînes d’info. Ils viennent avec leurs tanks et se battent contre des pierres et des gens qui disent juste vouloir revenir dans leurs villages et dans leurs villes." Devant les images de ce nouveau bain de sang à Gaza, qui aura fait du lundi 14 mai la journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis quatre ans, le regard de ce commerçant se mêle de tristesse et de colère.

"Trump est un colon !"

Ahmed habite Silwan, un quartier majoritairement palestinien, peu à peu investi par des colons juifs. Il y a dix ans, l’un d’entre eux lui a tiré dans les jambes en pleine rue. Aussi, pour lui, le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem est une humiliation de plus. "C’est une nouvelle colonie américaine, Trump est un colon, fulmine-t-il. On n’est pas contre les juifs, on est contre les sionistes : ils ne veulent plus nous voir ici…" 

"Ils réessaieront, pour montrer au monde entier"

Ahmed n’aspire qu’à vivre normalement sans crainte d’être un jour chassé du quartier dans lequel il est né, solidaire des Gazaouis qui rêvent de passer la frontière au péril de leur vie. "D’abord, nous ne pouvons rien faire pour aider Gaza, déplore Ahmed. Et nous sommes très tristes, surtout pour les ados, les jeunes : on peut sentir leur désespoir, leur projet de retrouver leur village. Cela n’arrivera jamais, mais ils continueront à essayer, pour montrer au monde entier ce qu’il se passe tous les jours en Palestine…"

A Jérusalem-Est, les affrontements meurtriers de lundi sont une blessure de plus - reportage Sébastien Sabiron
--'--
--'--