"C'est de l’antisémitisme" : le député LREM Sylvain Maillard explique pourquoi il veut pénaliser l'antisionisme

Des députés de tous bords proposeront, mardi 19 février, une résolution ou une proposition de loi pour que l'antisionisme soit reconnu comme un délit au même titre que l’antisémitisme. Le président de ce groupe d'étude et député LREM, Sylvain Maillard estime que "nier l’existence d’Israël doit être pénalement poursuivable".

Sylvain Maillard, député LREM de la 1ere circonscription de Paris, invité de franceinfo.
Sylvain Maillard, député LREM de la 1ere circonscription de Paris, invité de franceinfo. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Le débat est sensible. Un groupe d'étude de députés ont rédigé une proposition de loi ou une résolution pour que l’antisionisme soit reconnu comme un délit au même titre que l’antisémitisme. Le texte sera proposé mardi 19 février. Sylvain Maillard, député La République en marche de la 1ère circonscription de Paris, préside le groupe. 

franceinfo : L’idée de ce texte est de dire que l’antisémitisme se déguise en antisionisme ?

Sylvain Maillard : C’est tout à fait ça. L’antisionisme moderne est de l’antisémitisme et nous voulons combattre cela. Notre groupe d’étude, qui existe depuis le début de la mandature et travaille sur ce sujet en particulier depuis de nombreux mois, a voyagé. Nous sommes allés voir nos homologues à Bruxelles, à Berlin, je suis allé moi-même les rencontrer. Et puis on est rattrapé par l’actualité. Quand on entend un des membres des "gilets jaunes" qui hurle "sale sioniste de merde", en fait il veut juste dire "sale juif de merde". Il faut le dire, il faut l’affirmer. Sous ce vocable "antisioniste" se cache de l’antisémitisme moderne. Condamner l’antisionisme, ce n’est pas s’interdire d’être contre Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, sa politique, la colonisation, le mur… on est en démocratie. On veut continuer en France comme partout ailleurs de pouvoir combattre cette politique. Par contre, nier l’existence d’Israël doit être pénalement poursuivable.

L’antisémitisme prend-il trop de place dans le mouvement des "gilets jaunes" ?

L'antisémitisme en fait partie. La "conspiration", le fait d’un "grand lobby", les formules comme "il se passe quelque chose", "les élites nous cachent les choses"… Effectivement selon cette "conspiration", le Juif comme depuis des siècles et des siècles, tient une place centrale, et probablement organise ce qui nous arrive et nos malheurs. 

Existe-t-il aussi une haine qui se répand sur les réseaux sociaux ?

Cela fait partie de l’ensemble de ce sur quoi nous travaillons, dans l’année qui vient. Nous voulons faire en sorte que cette haine, cette désinhibition soit condamnée aussi sur les réseaux sociaux, qu’on arrête de traiter les réseaux sociaux comme un exutoire pour chacun d’entre nous pour dire ce que l’on veut, l’antisémitisme mais aussi toutes les haines. C’est essentiel et il va falloir qu’on avance cette année là-dessus.

Le député la France Insoumise, Eric Coquerel a dit lundi sur franceinfo qu’il voulait garder sa liberté de parole vis-à-vis de la politique du gouvernement israélien.

Il le fait sciemment parce qu’une partie de son groupe, la France insoumise, mais aussi une partie de ses militants, sont clairement antisémites et prônent une politique vis-à-vis d’Israël qui est avant tout une politique antisémite. Je suis tout à fait d’accord avec lui, sur ce qu'il a dit. Bien sûr qu’il a le droit, nous avons le droit tous, de critiquer la politique en Israël. La politique d’Israël peut être évidemment critiquée, par contre l’existence d’Israël ne doit pas être critiquée. C’est à la France insoumise de faire le ménage chez eux.