Conflit israélo-palestinien : les diplomaties onusienne et européenne "sont laxistes, fragiles" et "frileuses", déplore le président du Forum international pour la paix

Ofer Bronchtein appelle, sur franceinfo, les Etats-Unis et l'Union européenne à agir pour mettre fin au conflit. 

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Radio France
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Une photo prise depuis le Sud d'Israël et qui montre une colonne de fumée depuis Gaza, après un bombardement, le 17 mai 2021.  (EMMANUEL DUNAND / AFP)

Ofer Bronchtein, président du Forum international pour la paix et ancien collaborateur d’Yitzhak Rabin, chargé de mission par Emmanuel Macron pour le rapprochement israélo-palestinien, a critiqué lundi 17 mai sur franceinfo les diplomaties onusienne et européenne qui, selon lui, "sont laxistes, fragiles" et "frileuses" dans le conflit israélo-palestinien. Il a dénoncé "les extrémistes de part et d'autre qui dictent l'agenda de la population israélienne et de la population palestinienne" et a appelé l’Europe et surtout l’administration américaine "à mettre fin à ce conflit".

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franceinfo : Qui a la clé aujourd’hui dans ce conflit ?

Ofer Bronchtein : Aujourd'hui, je pense que les Américains, la communauté internationale ont les clés pour faire pression sur les uns et les autres. D'autres pays de la région, comme l'Égypte peuvent aussi alors que le président Sissi est en ce moment à Paris. La Turquie, le Qatar, les pays du Golfe ont des leviers d'influence sur les deux parties pour qu'ils arrêtent immédiatement cette terrible guerre inutile, prévisible.

L’ONU peut-elle peser aussi ?

La diplomatie onusienne comme la diplomatie européenne sont laxistes, sont fragiles, sont frileuses. Ce sont des organisations très lourdes. Le président Macron a dit dans un autre contexte qu’il fallait une Europe rapide et légère. Dans le contexte du conflit israélo-palestinien, je la trouve très lente, épaisse et lente, pas déterminée. Il faut secouer le cocotier pour que ces grosses administrations diplomatiques qui sont très nombreuses et qui nous coûtent cher soient effectives, se bougent.

Y a-t-il des femmes et des hommes de paix dans les deux camps aujourd’hui ?

Oui. Ces derniers mois dans le cadre de ma mission, j'ai identifié des dizaines d'organisations, des dizaines d'acteurs israéliens et palestiniens qui veulent la paix. Les derniers sondages démontrent que la majorité des Israéliens et des Palestiniens croient encore en la solution des deux États. Ce que je déplore, ce que je trouve catastrophique, c'est que le Hamas passe son temps, son énergie et beaucoup d'argent à vouloir faire du mal à Israël au lieu de l'investir pour faire du bien à la population du Hamas. Le gouvernement actuel de la droite et de l'extrême droite israélienne avait besoin de cette crise pour se maintenir au pouvoir. Il passe son temps à faire peur aux Israéliens, passe son temps à diviser les Israéliens. Je le déplore. Le revenu moyen est de moins de 2 dollars par jour par Gazaouis, moins de 1 800 dollars par an. Le revenu moyen d'Israël est de 40 000 dollars par an. Le prix d'un avion d'un F-35 est de 180 millions de dollars. Le prix d'une batterie du dôme de fer qui intercepte les roquettes, heureusement défend la population civile israélienne, sinon cela ferait des dégâts terribles du côté israélien, coûte 3 millions de dollars pièce. On dépense des sommes inouïes.

Vous voulez dire que les Israéliens et les Palestiniens sont entre les mains de minorités qui les dirigent ?

Absolument. Ce sont les extrémistes de part et d'autre qui dictent l'agenda de la population israélienne et de la population palestinienne. C’est tragique, c'est dramatique. Cela peut s'arrêter si on est déterminé, si on a le courage auprès de la communauté internationale. L'Europe est le principal bailleur de fonds des Palestiniens. C’est aussi le plus grand marché pour l’économie israélienne. L’Europe a les moyens, si elle était déterminée à faire pression sur les uns les autres pour que ça se termine. C'est le septième conflit entre Israël et Gaza. Cela va s'arrêter dans un, deux ou trois jours. Je sais que les pressions vont se faire de plus en plus pressantes sur les uns et les autres pour que ce conflit s'arrête. Je pense que ça prendra quelques jours. J'espère le plus vite possible. Mais cela va se répéter. L’ennemi des Israéliens et surtout l'ennemi des Palestiniens aujourd'hui, c'est l'ignorance, la pauvreté et la corruption. C'est cela, nos ennemis. On doit les combattre. On ne pourra pas le faire si on n'est pas déterminé à le faire. La nouvelle administration américaine sera moins laxiste, moins généreuse avec le Premier ministre Netanyahou et son gouvernement. J'espère donc qu'ils sont déterminés et courageux pour mettre fin à ce conflit israélo-palestinien. Le peuple israélien, peuple palestinien le veut.

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