Iran : le gouvernement met en garde les manifestants, deux personnes tuées

Selon plusieurs médias iraniens, deux personnes ont été tuées par balles lors des protestations.

Des dizaines d\'étudiants se sont rassemblés devant l\'entrée principale de l\'université de Téhéran (Iran), samedi 30 décembre, pour protester contre le pouvoir.
Des dizaines d'étudiants se sont rassemblés devant l'entrée principale de l'université de Téhéran (Iran), samedi 30 décembre, pour protester contre le pouvoir. (AP/SIPA / AP)

Deux personnes ont été tuées lors d'affrontements dans la ville de Doroud (Iran), samedi 30 décembre, a déclaré le vice-gouverneur de la province de Lorestan à la télévision d'Etat. "Il y a eu une manifestation illégale samedi soir et un certain nombre de personnes sont descendues dans la rue et (...) malheureusement, deux personnes ont été tuées dans les affrontements", a déclaré Habibollah Khojastehpour.

Internet coupé puis rétabli dans la nuit

Le ministre iranien de l'Intérieur, Abdolreza Rahmani Fazli, a mis en garde dimanche ceux qui "utilisent la violence et créent du désordre", après une nouvelle nuit de violence à travers le pays."Ceux qui détruisent les biens publics, créent du désordre et agissent dans l'illégalité doivent répondre pour leurs actes et payer le prix. Nous agirons contre les violences et ceux qui provoquent la peur et la terreur", a-t-il déclaré à la télévision d'Etat.

L'accès à l'internet sur les téléphones portables a été coupé puis rétabli dans la nuit de samedi à dimanche en Iran, où les autorités sont confrontées à des manifestations depuis plusieurs jours contre les difficultés économiques et contre le pouvoir politique. La police a dispersé samedi à Téhéran des jeunes qui protestaient contre le pouvoir, malgré la mise en garde du gouvernement contre les "rassemblements illégaux", au troisième jour du mouvement.

Plus tard, des centaines d'étudiants favorables au pouvoir ont pris le contrôle de l'entrée de l'université en scandant "Mort aux séditieux", selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux.

Face aux difficultés économiques du pays, isolé et soumis pendant des années à des sanctions internationales pour ses activités nucléaires sensibles, des protestations ont eu lieu jeudi et vendredi dans plusieurs villes de province dont Machhad, deuxième ville d'Iran. Le nombre des manifestants se limitait initialement à quelques centaines, mais c'est la première fois qu'autant de villes sont touchées par un tel mouvement depuis 2009, lorsqu'un mouvement de contestation contre la réélection du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad avait été violemment réprimé.

Des dizaines de personnes arrêtées

Pour la première fois samedi, la télévision d'Etat a diffusé des images des manifestations de jeudi et vendredi. Elle a déclaré qu'il était nécessaire d'entendre "les revendications légitimes" de la population. Mais elle a aussi dénoncé les médias et les groupes "contre-révolutionnaires" à l'étranger, qui cherchent selon elle à exploiter ces rassemblements.

Des dizaines de personnes ont été arrêtées depuis jeudi mais la plupart ont été libérées, selon la télévision. Le président américain Donald Trump, qui avait dénoncé les arrestations vendredi, a affirmé samedi dans un tweet que "les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais". "Le jour va venir où le peuple iranien sera devant un choix", a aussi tweeté Donald Trump. Le ministère des Affaires étrangères à Téhéran a déclaré que le peuple iranien n'accordait "aucune valeur (...) aux déclarations opportunistes" de Washington.