VIDÉO. "Beaucoup sont morts d'une balle dans la tête" : de jeunes Irakiens dénoncent la répression sanglante des manifestations

Le bilan humain de la répression des manifestations antigouvernementales en Irak est lourd avec de nombreux morts et des milliers de blessés.

Sur la place Tahrir de Bagdad en Irak, il n'y a pas si longtemps, ce ne sont pas des pétards qui retentissaient mais des balles réelles. Un mouvement de contestation est né au mois d'octobre 2019 pour réclamer le départ du gouvernement accusé de corruption. Le niveau de répression par les forces de l’ordre a baissé mais le bilan humain est lourd, en trois mois des centaines de protestataires ont été abattus et des milliers blessés.

Des forces de sécurité iraniennes

Malik a participé à la contestation. Cet un étudiant de 25 ans a été blessé par une balle. "Elle est entrée par ici, est ressortie par là, explique Malik en montrant ses cicatrices à l'arrière et l'avant de son épaule. Mais autour de moi, beaucoup sont morts d'une balle dans la tête. Je l'ai vu de mes yeux."

À peine sorti de l'hôpital, je suis revenu manifester. Cela m'a rendu plus fort.

Malik, manifestant irakien

à franceinfo

Les témoins de cette répression meurtrière sont formels, les forces de sécurité chargées de mater ce soulèvement sont irakiennes, mais également iraniennes. "Ils étaient masqués, décrit Hamed âgé de 19 ans. On ne pouvait pas les reconnaître. On ne pouvait même pas voir leurs yeux. Certains portaient des uniformes avec le drapeau irakien, d'autres avec le drapeau iranien."

Des grenades "brises crânes"

Il y a aussi l'utilisation de grenades lacrymogènes dites "brises crânes" qui ont fait de nombreuses victimes. "J'ai dix points de suture, indique Yassine la tête bandée. Ils ne tiraient pas en l'air, mais ils visaient la tête. Ils s'en servaient comme d'une arme, car elles peuvent tuer".

Amnesty International a dénoncé l'usage de ces projectiles, beaucoup plus lourd que les grenades utilisées habituellement.

De jeunes Irakiens dénoncent la répression sanglante des manifestations - Le reportage d'Omar Ouahmane
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Une peinture murale sur la place Tahrir à Bagdad, le 13 novembre 2019 (photo d\'illustration).
Une peinture murale sur la place Tahrir à Bagdad, le 13 novembre 2019 (photo d'illustration). (AHMAD AL-RUBAYE / AFP)