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Irak : le Premier ministre sortant battu par le candidat "antisystème" Moqtada Al-Sadr aux élections législatives

La liste de Haider Al-Abadi, le chef du gouvernement, était soutenue par la communauté internationale. Elle termine en troisième position.

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Moqtada Al-Sadr, le candidat arrivé en tête des élections législatives en Irak, ici lors d'une rencontre avec des ambassadeurs à Nadjaf (Irak), le 18 mai 2018. (ALAA AL-MARJANI / REUTERS)

Percée des "antisystèmes" en Irak. Le populiste Moqtada Al-Sadr est arrivé en tête des élections législatives, dont les résultats définitifs ont été dévoilés samedi 19 mai, aux dépens du Premier ministre sortant, soutenu par la communauté internationale. Le scrutin avait eu lieu le 12 mai. Mais le Parlement est morcelé et des alliances devront probablement être nouées pour la formation d'un gouvernement.

Aucune des trois forces arrivées en tête n'a gagné plus d'une cinquantaine de sièges au Parlement. L'alliance inédite entre l'influent leader nationaliste chiite Moqtada Al-Sadr et les communistes remporte 54 sièges. La liste des anciens du Hachd Al-Chaabi, supplétif crucial de l'armée dans la victoire sur le groupe Etat islamique, détiendra 47 sièges. Et l'Alliance de la Victoire, emmenée par le chef de gouvernement sortant Haider Al-Abadi, 42 sièges.

Une victoire qui gêne les États-Unis et l'Iran

Dans un système calibré pour parcelliser le Parlement après la chute du dictateur Saddam Hussein lors de l'invasion menée par les Américains en 2003, "La marche pour la réforme" de Moqtada Al-Sadr est loin d'être assurée de gouverner l'Irak pour les quatre prochaines années. Les négociations pour former une coalition ont débuté dès la fin du scrutin. Or les États-Unis et l'Iran, les deux puissances les plus influentes en Irak, voient d'un mauvais œil sa victoire.

Le leader politique de 44 ans est issu d'une lignée de dignitaires religieux, opposants respectés. Ancien chef d'une puissante milice, il est devenu le héraut des manifestations anticorruption. Il provoque régulièrement Téhéran en prônant une défense sourcilleuse de l'indépendance politique de l'Irak. Quant aux Américains, ils se souviennent de sa puissante "Armée du Mahdi" qui a ensanglanté les rangs de leurs troupes dans la foulée de l'invasion.

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