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France Info Edition spéciale : retrouvez nos invités

Le pays s’est embrasé depuis quatre jours, les émeutes ont provoqué la mort de près de trente personnes et des milliers de blessés. Au bord de l’explosion, l'Égypte craint un scénario à la tunisienne. Au centre des questions, le rôle de l'armée, des Etats-Unis et de la rue...
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

Après quatre jours de manifestations au Caire, à Suez, à Alexandrie et à Mansoura, le président Hosni Moubarak s’est adressé hier soir à son peuple lors d’une allocution télévisée. Il a souhaité que l'Égypte entre dans la voie des réformes politiques et économiques. Et réaffirmé sa détermination à assurer la stabilité du pays.
_ Le président a annoncé la formation d’un nouveau gouvernement dès aujourd’hui. Mais la rue continue de réclamer son départ.

Pour commenter la situation, nous recevons plusieurs invités tout au long de cette édition spéciale.

Antoine Basbous, de l'Observatoire des pays arabes.

Pour lui, “le règne d'Hosni Moubarak est en train de vaciller”. Même si la nuit a été plutôt calme, les promesses faites par le président égyptien ne vont pas calmer les manifestants.

  • "L’arbitre dans ces événements, ce sera l’armée." Mais le président contrôle-t-il encore les militaires ? C’est toute la question ? Selon Antoine Basbous, l“’armée interviendra en termes d’intérêt de l’Etat et pas en tenant compte des intérêts de la famille Moubarak”.

  • Le rôle des Etats-Unis : Au plan international, les États-Unis, qui aident l’Egypte à hauteur de 2 milliards de dollars par an, ont sans doute précipité l’intervention du rais. Et selon le directeur de l'Observatoire des pays arabes, les États-Unis sont désormais prêts à lâcher Moubarak.

    Bernard Botiveau, chercheur au CNRS, rattaché à l’Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman (IRAM) d’Aix-en-Provence

  • La situation est comparable avec la révolte en Tunisie, par la vitesse des événements et la mobilisation de la population, mais les enjeux politiques internes et régionaux sont différents en Egypte. Le pays a en effet un rôle clé dans la région, dans la stratégie occidentale et surtout américaine.

  • La première allocution publique de Hosni Moubarak hier soir est le signe que "le président égyptien ne peut plus ternir la situation en main" et qu’il est contraint de faire dans l’urgence des réformes. Mais pour Bernard Botiveau, "Hosni Moubarak n’est pas en train de lâcher le pouvoir pour le moment".

  • Bernard Botiveau souligne la situation particulière de l’Egypte, qui vit en état d’urgence depuis 30 ans, ce qui se traduit au quotidien pour les Egyptiens par des emprisonnements politique, de la censure sur les journaux et des mesures attentatoires aux libertés publiques. L’opposition est quasi inexistante. Le prétexte à cet état d’urgence avancé par le gouvernement est la crainte d’une tentative de déstabilisation des mouvements islamistes et notamment des Frères musulmans.

  • L’armée est dans un rôle d’arbitre sur les questions de changement de gouvernement, voire de régime. Et la question est de savoir si elle va lâcher Hosni Moubarak. C’est peu probable aujourd’hui, estime Bernard Botiveau.

  • Pour lui, on n’en est qu’au début d’un long processus. Il a fallu un mois en Tunisie. Pour l’instant en Egypte, la population n’a pas encore énormément bougé, quelques dizaines de milliers de manifestants pour l’instant. On est loin des deux millions de manifestants qu’à déjà connu le Caire par le passé.

  • Quelle est la crédibilité de Hosni Moubarak. La question de sa succession se posait déjà avant le début de cette crise. Il se disait qu’il n’en avait plus que pour 2 ans. Son fils est pressenti, mais l’armée n’accepte pas l’idée. Il a donc peu de chance, selon Bernard Botiveau.

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