L'arrestation d'un des assassins présumés de Jamal Khashoggi "permettra une procédure qui ne soit pas un simulacre de justice", estime RSF

"Cela permettra que la police et la justice turque, peut-être française, puisse lui poser des questions", a jugé sur franceinfo Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.

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Jamal Khashoggi, alors directeur général d'Alarab TV, regardant lors d'une conférence de presse à Manama au Bahreïn, le 15 décembre 2014. (MOHAMMED AL-SHAIKH / AFP)

L'arrestation en France d'un des assassins présumés de Jamal Khashoggi "permettra une procédure qui ne soit pas un simulacre de justice comme en Arabie saoudite", a réagi mardi 7 décembre sur franceinfo Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Critique du pouvoir saoudien après en avoir été proche, Jamal Khashoggi, résident aux États-Unis et chroniqueur du quotidien Washington Post, avait été assassiné le 2 octobre 2018 dans le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul en Turquie par une équipe d'agents venus d'Arabie saoudite.

franceinfo : Qui était Jamal Khashoggi ? Pourquoi son meurtre a autant choqué ?

Christophe Deloire : C'était un personnage important en Arabie saoudite, un proche de la famille royale. Il a été assassiné dans des conditions barbares par des agents saoudiens dépêchés depuis Riyad. C'est une forme d'innovation de découper en morceaux un journaliste dans une enceinte diplomatique. Dans son dernier article dans le Washington Post, il avait évoqué le besoin de liberté de la presse au Moyen-Orient et cela a eu un écho mondial. Depuis, il y a eu deux procédures. Une en Turquie mais sans les accusés et une en Arabie saoudite à huis clos, aucune n'est satisfaisante. Là, c'est une excellente nouvelle cette arrestation sur le territoire français.

Qu'est-ce que cela va permettre ?

Cela permettra que la police et la justice turque, peut-être française, puisse lui poser des questions. Pour l'instant, les seuls à lui avoir posé des questions ce sont des forces saoudiennes donc sous le contrôle de ceux qui ont organisé l'assassinat. Donc on est un peu dans une affaire aberrante. Donc là c'est une première. Cela permettra une procédure qui ne soit pas un simulacre de justice comme en Arabie saoudite.

Sait-on qui est le commanditaire ? La question a-t-elle été évoquée ?

Elle a été évoquée dans des rapports de la CIA qui ont été en partie déclassifiés. Il y a une sorte de certitude vu le niveau de ceux qui avaient été dépêchés à Istanbul pour assassiner Khashoggi. C'est vraiment l'entourage immédiat du prince héritier Mohammed ben Salmane. Nous avons déposé plainte en Allemagne contre Mohammed ben Salmane et d'autres hauts dirigeants saoudiens pour la persécution des journalistes en Arabie saoudite. Mohammed ben Salmane a reconnu une responsabilité générale. Peut-être que cette personne arrêtée permettra d'en savoir plus.

Un tel commando a-t-il pu agir seul ?

C'est peu probable. L'Arabie saoudite ce n'est pas le genre de pays où on agit de sa propre initiative quand on est agents de service, membres de la garde royale. Il y a eu un avion envoyé spécialement sur place, donc il y avait une organisation qui montrait qu'il avait fallu des ordres venus du pouvoir saoudien.

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