VIDEO. Palestiniens tués à Gaza : d'un camp à l'autre, des mots différents pour qualifier les événements

Une manifestation contre le transfert de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem a fait 59 morts lundi à Gaza. Une escalade de violence analysée de façon très différente par Israël, par les autorités palestiniennes, par l'ONU ou par la France.

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Un seul événement et une multitude de mots. Lundi 14 mai, une manifestation a éclaté à Gaza pour protester contre le transfert de l'ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv vers Jérusalem. Près de 60 Palestiniens sont morts, et le ministère de la Santé fait état de plus de 2 500 blessés. De nombreux dirigeants et diplomates se sont exprimés à la suite de ces événements. Et selon les acteurs de cette crise, les expressions employées pour la qualifier diffèrent.

Pour Israël, "chaque pays doit protéger ses frontières"

Le Premier ministre Benyamin Nétanyahou s'est exprimé via un tweet. Il déclare que "chaque pays doit protéger ses frontières", en référence aux actions menées hier par les troupes israéliennes. Il y dénonce également "l'organisation terroriste" Hamas et promet de "continuer d'agir fermement pour protéger (...)  les citoyens". 

Pour les Etats-Unis, "le Hamas provoque ces réponses"

Les Etats-Unis ont également mis en cause le Hamas, mouvement de résistance palestinien. Le porte-parole adjoint de la présidence, Raj Shah, a déclaré à la presse : "La responsabilité de ces morts tragiques repose entièrement sur le Hamas. Le Hamas provoque intentionnellement et avec cynisme ces réponses."

Comme le Premier ministre Nétanyahou, Raj Shah insiste également sur le "droit de se défendre" d'Israël.

Pour les Palestiniens, des "crimes de guerre"

Le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas parle lui de "massacres" à Gaza et en Cisjordanie. Des mots qui résonnent avec ceux de Saeb Erekat, son conseiller. Il évoque de son côté des "crimes de guerres", lesquels ne devraient pas "rester impunis".

Mahmoud Abbas parle aussi d'une "colonie américaine à Jérusalem-est". Il fait référence à la nouvelle ambassade, qui serait la continuité des "colonies israéliennes construites avec l'aide des Etats-Unis", dont la bande de Gaza.

Pour l'ONU, "une tuerie choquante"

De grandes figures des Nations unies ont critiqué les agissements du gouvernement d'Israël lors de la manifestation. Le secrétaire général Antonio Guterres s'est dit "particulièrement inquiet". 

De son côté, Ravina Shamdasani, porte-parole au Haut-Commissariat aux droits de l'Homme de l'ONU, parle d'une "tuerie choquante". Elle demande aux "responsables" de rendre des comptes pour cette "scandaleuse violation des droits humains".

Certains membres de l'organisation internationale ont demandé l'ouverture d'une enquête

Pour la France, de "graves incidents"

Le président Emmanuel Macron s’est entretenu avec le roi Abdallah II de Jordanie, suite à quoi l'Elysée a publié un communiqué. Lors de cet échange, "il a condamné les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants".

Ce terme de "violences" revient aussi dans les termes employés par le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian, qui parle de "plusieurs semaines de violences" dans la région. Les autres termes employés y ressemblent : "Les tensions sur le terrain sont vives, comme en témoignent les graves incidents survenus dans la bande de Gaza".

Les violences sur la bande de Gaza ont fait près de 60 morts, le lundi 14 mai 2018.
Les violences sur la bande de Gaza ont fait près de 60 morts, le lundi 14 mai 2018. (AHMAD GHARABLI / AFP)