Obama nuance ses propos sur le cas Gates

Barak Obama regrette ses "propos malheureux" vis-à vis de la police qui a interpellé un professeur noir de Harvard

Barack Obama
Barack Obama (© AFP - Emmanuel Dunand)
Barak Obama regrette ses "propos malheureux" vis-à vis de la police qui a interpellé un professeur noir de HarvardBarak Obama regrette ses "propos malheureux" vis-à vis de la police qui a interpellé un professeur noir de Harvard

Henry Louis Gates, ami d'Obama et classé en 1997 parmi les 25 Américains les plus influents par le Time, a accusé de racisme la police qui l'a interpellé la semaine dernière alors qu'il rentrait chez lui en forçant sa serrure grippée.

Le président Obama avait critiqué devant la presse, mercredi, l'attitude "stupide" de la police de Cambridge.

C'est après un appel d'une femme ayant vu un noir essayer de forcer une porte que la police est intervenue et que Gates avait été arrêté en raison de son emportement et de son manque de coopération. Il aurait refusé dans un premier temps de justifier son identité et crié sur le policier devant des personnes rassemblées devant chez lui.

Bien que ces charges aient été abandonnées mardi, l'éminent universitaire, directeur de l'Institut de recherches africaines et afro-américaines, a réclamé des excuses du sergent James Crowley, auquel il a eu affaire, et a menacé de poursuivre la police. Il a en outre estimé que son cas témoignait de la persistance de stéréotypes et jugements au faciès.

Interrogé sur cet incident qui a fait beaucoup de bruit aux Etats-Unis, Barack Obama a alors fait irruption dans le débat sur la discrimination raciale, dont il s'était prudemment mis à l'écart depuis son entrée à la Maison blanche en janvier dernier. "Je ne sais pas - n'ayant pas été là et ne connaissant pas tous les faits - quel rôle la race a pu jouer là-dedans, mais je pense qu'il est juste de dire, en premier lieu, que chacun d'entre nous serait assez en colère" (si cela lui arrivait), a déclaré le Président.

Ces déclarations ont ranimé les tensions raciales que le président américain cherche à tout prix à éviter. Elles ont provoqué l'indignation de policiers, d'autant que le sergent Crowley est apparu dans les médias comme un officier estimé et dépourvu de préjugé racial.

Vendredi, les syndicats de policiers de Cambridge ont même exigé
des excuses de la part de Barack Obama devant la presse.

Si M. Obama n'a pas formulé d'excuses, il a indiqué toutefois que sa conversation avec le sergent lui a confirmé qu'il s'agissait d'un policier "remarquable" et d'un "homme bien", a-t-il dit.

Mais il a dit continuer à croire que la réaction du sergent avait été disproportionnée, comme celle de l'universitaire. Il pense aussi avoir bien fait d'intervenir parce que le "fait que ceci a pris de telles proportions indique que le facteur racial reste un motif de préoccupation dans notre société".

M. Obama a tenté de décrisper l'atmosphère expliquant qu'au cours de sa conversation avec le policier, il avait été question d'une bière que le président, le sergent et l'universitaire partageraient à la Maison Blanche.