Obama et Merkel unis pour soutenir l'accord libre-échange transatlantique

Barack Obama est en visite à Hanovre, en Allemagne, pour soutenir le Tafta. Si le traité est de plus en plus décrié par certains pays comme la France, le président américain peut compter sur le soutien de la chancelière allemande.

(Barack Obama et Angela Merkel soutiennent le Tafta à Hanovre © SIPA/Markus Schreiber)

 Barack Obama et Angela Merkel ont affiché un front commun dimanche à Hanovre en Allemagne. En visite pendant deux jours, le président américain est venu soutenir le traité de libre-échange transatlantique TTIP, de plus décrié en Europe. Le Tafta, selon l'acronyme anglais.

Le 13e tour des négociations sur ce traité doivent reprendre lundi à New York. Le Tafta inquiète une grande partie des européens : Barack Obama a d'ailleurs été accueilli par 35.000 manifestants à Hanovre. Mais il peut compter sur le soutien de la chancelière allemande Angela Merkel, malgré des critiques au sein même du gouvernement et une impopularité grandissante du Tafta chez les Allemands.

La Foire d'Hanovre, un lieu symbolique

Dimanche après-midi Angela Merkel a tenu à afficher son unité avec Barack Obama dans un lieu symbolique : la foire d'Hanovre, le plus grand salon industriel du monde. "Ce traité transatlantique est essentiel pour notre économie ", a martelé la chancelière. Barack Obama affirmé de son côté "comprendre les doutes et les questionnements ", mais a bien pour objectif  de faire aboutir les négociations "avant la fin de l'année ".

Barack Obama reste lundi à Hanovre, où il va rencontrer les dirigeants allemand, français, britannique et italien autour de sujets comme la Syrie ou encore la Lybie, mais pas sûr qu'ils y évoquent le traité. Plusieurs pays dont la France, menacent de tout faire capoter.

"Il y a toujours eu une surévaluation des bienfaits du libre-échange" - Thomas Porcher, économiste

Cette opposition n'étonne pas Thomas Porcher, économiste enseignant à Paris-Dauphine. Selon lui cet accord n'aborde pas les questions importantes en Europe actuellement, à savoir  "le chômage, mais pas le chômage dans 20 ans ." Il a également évoqué que le traité ne mentionnait pas "les inégalités ." "La transition énergétique, et dans ce traité, il n'y a pas une seule fois la contrainte climatique qui est prise en compte ", a-t-il ajouté.

"Le but de ce traité, c'est d'harmoniser ces normes ". Mais cette harmonisation, "c'est la confrontation des normes américaines et européennes, puis le choix de l'une d'elles, et souvent celle du plus fort" , a développé Thomas Porcher.

Tafta : "L'Europe a plutôt une position de suiveuse, mais rien ne dit au final que ça nous profiterait" : Thomas Porcher, économiste
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