Zakir Naik, prédicateur indien ambigu, récompensé jusqu'en Arabie Saoudite

Zakir Naik, qui avait mis en doute l’implication d’Al-Qaida dans les attentats du 11-Septembre 2001, a été récompensé à Riyad pour son rôle dans la promotion de l’islam dans le monde. Cet Indien, lauréat du prix Roi Fayçal, est connu pour son discours radical.

Le roi Salman ben Abdel Aziz remet le prix au prédicateur indien Zakir Naik à Riyad, le 1er mars 2015.
Le roi Salman ben Abdel Aziz remet le prix au prédicateur indien Zakir Naik à Riyad, le 1er mars 2015. (KING FAISAL FOUNDATION / AFP)

Voile, femme, alimentation ou djihad… Il a réponse à tout Zakir Naik. Le président de l’Islamic Research Foundation en Inde s’appuie sur les versets du Coran pour expliquer en anglais ce qu’il faut faire ou pas, au nom de l’islam.
Avec une audience de plus de 100 millions de téléspectateurs, sa télévision PeaceTV est considérée comme l’une des plus importantes chaînes de prédiction musulmane dans le monde. Et c’est à ce titre que ce médecin de formation, âgé de 49 ans, a été honoré dans la catégorie «services rendus à l’islam». 
 
Al-Qaïda et le 11-Septembre
Dans un prêche diffusé en 2008, le prédicateur indien est interrogé sur les attentats du 11-Septembre aux Etats-Unis qui ont fait près de trois mille morts. Face à un public acquis, il doute de l’implication de Ben Laden et d’Al-Qaïda, mais justifie l'action: «Si Ben Laden terrorise les terroristes, s'il terrorise l'Amérique terroriste, le plus grand des terroristes, alors tout musulman devrait être un terroriste.» Il affirme aussi qu'il s'agit d'«un travail interne» et montre du doigt l’ancien président américain George Bush.  

Un discours politique qui ne semble pas choquer les alliés de Washington dans les pays musulmans. Comme l’Arabie Saoudite, Dubaï a distingué l’orateur indien en 2013, en le désignant «personnalité islamique de l’année».

Discours radical
Coran à la main, le Dr Zakir Naik sillonne le monde pour prêcher la bonne parole islamique, mais il n’est pas toujours le bienvenu en Occident. En 2010, il a été interdit d’entrée au Royaume-Uni et à Toronto pour ses propos jugés «inacceptables». Le prédicateur très charismatique qui réunit des dizaines de milliers de personnes à chacune de ses conférences préconise par exemple la peine de mort pour les apostats, les musulmans qui renient leur foi et les homosexuels.

Sourire aux lèvres, Zakir Naik cultive la haine de l’Occident et insiste sur la suprématie de l’islam, «seule religion capable d’apporter la paix à l’ensemble de l’humanité».
Un discours sournois qui parle de paix mais justifie la haine en se basant sur le Coran.