Législatives en Algérie : 57,1% d'abstention

Le taux de participation aux législatives en Algérie, s'élève à 42,90% d'après le ministre de l'Intérieur, Dahou Ould Kablia. Le président Abdelaziz Bouteflika, initiateur de réformes destinées à prémunir l'Algérie contre une révolution similaire à celles qui ont balayé les régimes de Libye, de Tunisie, d'Egypte et du Yémen notamment, avait appelé à plusieurs reprises ses compatriotes à voter, tout comme nombre d'autres dirigeants politiques.

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Il s'agit de la première consultation organisée dans ce pays depuis le Printemps arabe. Quelque  21,6 millions d'électeurs ont été appelés aux urnes.
Les Algériens ont voté en rangs clairsemés pour renouveler leur Parlement, manifestant leur scepticisme face à la volonté des autorités de faire de ce scrutin une étape marquante de la démocratisation de la vie politique.
"La participation globale -territoire national plus communauté nationale à l'étranger- est de 42,90% ", a précisé le ministre de l'Intérieur  dans une déclaration faite en fin de soirée, soit un taux plus élevé que les 35,67% enregistrés aux dernières élections législatives de 2007.Le taux d'abstention est donc de 57,1%.
"Les problèmes que nous avons constatés ici et là ont été contenus et ne peuvent avoir en aucun cas d'incidences sur la crédibilité des élections ", a également affirmé le ministre de l'Intérieur Ould Kablia.
La Commission nationale de surveillance des élections législatives (CNSL)  avait répertorié 150 plaintes pour irrégularités, dont une trentaine relevant du pénal.

"renforcer la démocratie représentative"

En plein "printemps arabe", le président Abdelaziz Bouteflika avait promis en avril 2011 la tenue de ces élections législatives, deux mois après un début de manifestations étouffées dans l'œuf par la police anti-émeutes.
Dans le même temps, le chef de l'Etat avait promis d'amender la Constitution afin de "renforcer la démocratie représentative ".
De nombreux Algériens ne croient cependant pas aux promesses de réformes même si peu d'entre eux aspirent à un soulèvement, dans un pays hanté par la guerre civile qui a fait dans les 200.000 morts dans les années 1990 et au début des années 2000.

Pour la première fois en un demi-siècle d'histoire de l'Algérie indépendante, les partis islamistes modérés devraient devenir le bloc le plus important à l'Assemblée nationale, qui compte 462 sièges, estiment diplomates et analystes. L'Algérie suivrait de fait la tendance observée lors des élections intervenues en Tunisie, en Egypte et au Maroc.

En l'absence de sondages de sortie des urnes, les premiers résultats ne sont pas attendus avant vendredi.